À peine une semaine après l’inauguration de la première « pharmacie Saïdal » à Ouled Djellal, voilà que Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP) monte au créneau.
Ainsi, dans un communiqué daté du 11 avril 2026, l’ordre dénonce le transfert des 829 officines Endimed au groupe Saïdal, le jugeant contraire à la législation en vigueur, et appelle le ministre à suspendre l’opération.
Une démarche contraire à la loi ?
En effet, le 7 avril 2026, le ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, inaugurait à Ouled Djellal la première officine issue du réseau Endimed (ex-Entreprise nationale de distribution de médicaments en détail), rebaptisée « pharmacie Saïdal ». L’objectif affiché du groupe Saïdal : récupérer et relancer 829 pharmacies réparties sur l’ensemble du territoire national, en rapprochant le médicament du patient et en proposant des services de santé gratuits — contrôle de la tension artérielle, glycémie, poids corporel.
À la suite de cette décision, le CNOP s’est insurgé en soulignant qu’est avec « étonnement » qu’il a découvert, via les médias nationaux, le transfert du patrimoine d’Endimed-SPA au groupe Saïdal-SPA, sous couvert de « renforcement du système de santé ».
Dans la foulée, l’Ordre soulève de sérieuses questions quant à la conformité juridique de cette opération. Ainsi, c’est en vertu de la loi n°18-11 relative à la santé, le CNOP rappelle une distinction fondamentale : les établissements pharmaceutiques sont des personnes morales à vocation industrielle ou de distribution, tandis que les pharmacies d’officine relèvent d’une activité de santé exercée exclusivement par une personne physique (un pharmacien), unique propriétaire et gestionnaire de son fonds de commerce. Confier des officines à une société par actions constituerait, selon l’ordre, une violation de ce cadre légal.
Le CNOP exhorte Kouidri à revoir sa copie
Dans sa conclusion, le CNOP appelle fermement le ministre à surseoir à cette démarche et à privilégier une alternative : la réaffectation des agences Endimed aux milliers de pharmaciens inscrits sur les listes d’attente auprès du ministère de la Santé. Il plaide également pour le respect du modèle actuel des pharmacies privées, tout en proposant une alternative consistant à réorienter les agences ENDIMED au bénéfice des milliers de pharmaciens inscrits sur les listes d’attente du ministère de la Santé. Une solution qui répondrait à la fois aux besoins du terrain et à la détresse d’une profession en souffrance.
Sur les réseaux sociaux, le communiqué du CNOP a libéré la parole de nombreux pharmaciens diplômés au chômage. « J’ai obtenu mon diplôme après six ans de sacrifices. Onze ans après, je n’ai toujours pas d’agrément. Libérez des agréments, on vieillit et on est toujours en chômage », témoigne un internaute, résumant l’amertume d’une génération de professionnels de santé sacrifiés.
