Au moment où le marché des médicaments en Algérie traverse une période de fortes tensions, les autorités accélèrent la mise en place d’un système d’information national destiné à suivre en temps réel l’approvisionnement.
Une initiative qui intervient dans un contexte marqué par des mises en garde fermes contre certaines pratiques jugées contraires à la réglementation.
La numérisation pour lutter contre l’opacité
En effet, en application des instructions du Premier ministre, M. Seifi Ghrieb, formulées lors de la réunion du Conseil interministériel du 9 avril 2026, une réunion de coordination s’est tenue le 15 avril 2026 au siège du ministère de l’Industrie pharmaceutique. Cette rencontre a été coprésidée par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, M. Ouacim Kouidri, en présence de la Haute-commissaire à la numérisation, Mme Meriem Benmouloud, et du ministre de la Poste et des Télécommunications, M. Sid Ali Zerrouki.
En outre, plusieurs institutions stratégiques ont pris part à cette rencontre, notamment des représentants du ministère de la Défense nationale, de l’Agence de sécurité des systèmes d’information, de la Gendarmerie nationale, de la Direction générale de la sûreté nationale ainsi que de l’Office national des statistiques, soulignant l’importance stratégique du dossier.
Le circuit de distribution mis en cause
Au cœur des travaux, un projet de système d’information a été présenté afin d’assurer un suivi précis et en temps réel de l’approvisionnement du marché national en produits pharmaceutiques. Cette plateforme permettra de retracer l’ensemble du circuit du médicament, du producteur ou importateur jusqu’au pharmacien, en passant par les distributeurs, grâce à une collecte et une analyse instantanées des données.
Dans cette optique, les fabricants et importateurs seront soumis à une obligation de déclaration hebdomadaire de leurs stocks, incluant les quantités disponibles, celles en cours de libération ainsi que les volumes distribués. Les grossistes, quant à eux, devront effectuer des déclarations mensuelles, garantissant une vision globale et actualisée de la situation du marché.
Une cellule de veille pour anticiper les déséquilibres
En parallèle, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a annoncé la mise en place d’une cellule de suivi quotidien chargée de surveiller l’approvisionnement, notamment pour les médicaments essentiels.
Cette structure analysera les indicateurs du marché et proposera des mesures correctives afin d’éviter toute rupture.
L’État hausse le ton face à la spéculation sur les médicaments
Cependant, cette dynamique de modernisation intervient dans un climat de forte tension. Dans un communiqué d’une rare fermeté, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a récemment pointé du doigt certaines pratiques observées chez des opérateurs du secteur.
Ainsi, le département dirigé par M. Ouacim Kouidri accuse explicitement certains producteurs, importateurs et distributeurs de retenir des stocks de médicaments, alors même que de nombreuses pharmacies font face à des ruptures persistantes depuis plusieurs semaines.
En effet, selon les autorités, des quantités importantes de médicaments seraient conservées dans les entrepôts de certains opérateurs, malgré les tensions observées sur le terrain. Le ministère souligne que ces pratiques aggravent la situation et contribuent à déséquilibrer davantage le marché.
