La formation politique de Jil Jadid, présidée par le Dr Lakhdar Amokrane, dresse un constat des peu reluisants de la situation politique du pays, tout en s’inquiétant des conséquences de ce qu’il qualifie de « blocage » à court et moyen terme.
Ainsi et lors du Conseil politique du parti tenu ce vendredi 27 mars 2026, une déclaration politique dense et critique, a été rendue publique. Couvrant la situation nationale, les réformes législatives en cours, la conjoncture économique et la préparation aux prochaines élections, Jil Jadid n’est y pas allé de main morte.
Jil Jadid dénonce un « blackout médiatique
En effet et sur le plan politique, le Conseil pointe un «climat de silence préoccupant» et «rétrécissement manifeste de l’espace public». Le parti dénonce ce qu’il qualifie de «blackout médiatique», accusé d’affaiblir la confiance des citoyens dans les institutions et d’empêcher l’émergence d’une «opinion publique libre et éclairée».
Pour Jil Jadid, cette «léthargie politique» n’est pas le fruit du hasard : elle traduit, selon le parti, l’absence de volonté réelle d’ouvrir le champ à un pluralisme effectif, réduisant la vie politique à une façade formelle au lieu d’en faire un espace de véritable compétition démocratique.
Réformes législatives : une précipitation qui soulève de « légitimes interrogations »
Le point le plus offensif de la déclaration concerne le rythme d’adoption des lois structurantes de la vie politique. Dans ce sens, le Conseil politique de cette formation politique exprime une «vive inquiétude» face à l’accélération de l’adoption de textes fondamentaux — loi sur les partis politiques, loi électorale, amendement constitutionnel dit « technique » — dans un délai particulièrement court, en pleine année électorale et sans débat national inclusif.
Le parti estime que cette approche «unilatérale» compromet selon ledit document l’égalité des chances, fragilise la crédibilité des prochaines échéances et consacre une «logique de régulation administrative» au détriment d’une compétition démocratique libre.
Fait inédit relevé par Jil Jadid : cette «précipitation législative» aurait même conduit à réduire à moins d’un mois la durée du troisième trimestre scolaire» pour les trois cycles de l’éducation nationale. Le parti y voit le signe d’une «dérive grave» dans la gestion des affaires publiques et d’un mépris des exigences de cohérence et d’intérêt général.
Crise socio-économique : Jil Jadid s’alarme
Abordant le volet économique, Jil Jadid dresse un tableau sombre. Il pointe entre autres, une «érosion continue du pouvoir d’achat», une « nflation persistante » et une «précarisation croissante», de larges couches de la population, malgré les importantes ressources en hydrocarbures dont dispose le pays.
Le parti identifie quatre fragilités structurelles majeures :
• Montée du chômage, particulièrement chez les jeunes et les diplômés
• Affaiblissement du tissu productif** et absence de diversification économique
• Environnement des affaires contraignant et peu lisible pour les entreprises
• Aggravation des inégalités sociales et territoriales
En réponse, Jil Jadid appelle à un «changement de cap économique», reposant sur une stratégie de diversification, la promotion de l’investissement productif, l’amélioration du climat des affaires et des politiques sociales ciblées et transparentes.
Participer sans pout autant cautionner
Enfin et en dépit ce tableau critique, le Conseil politique de Jil Jadid, confirme la participation aux prochaines élections, conformément aux résolutions de son congrès extraordinaire du 6 décembre 2025.
Le parti prend soin de préciser que cette décision ne constitue pas une «validation du système», mais un «acte politique assumé» visant à porter la voix du changement et à investir tous les espaces de lutte démocratique disponibles.
Jil Jadid considère que la présence sur le terrain électoral reste un «levier essentiel» pour «résister aux dérives», dénoncer les déséquilibres et œuvrer, de l’intérieur, à l’émergence d’un véritable État de droit.
En conclusion, le Conseil politique réitère l’engagement du parti en faveur d’un «combat politique pacifique» au service de la construction d’un État démocratique moderne, fondé sur la séparation des pouvoirs, le respect des droits et libertés et la justice sociale.
