Après plusieurs années de planification, le projet stratégique de corridor d’hydrogène vert SoutH2 s’apprête à franchir une étape décisive.
Ainsi, l’Italie, à travers l’opérateur de transport gazier Snam, prévoit d’investir 200 millions d’euros dès 2026 pour adapter son réseau au transport de l’hydrogène. Ce projet d’infrastructure énergétique reliera l’Algérie et la Tunisie à plusieurs grands pôles industriels européens.
Un investissement majeur pour adapter les réseaux gaziers
Selon l’Algérie d’aujourd’hui, le projet SoutH2 devrait entrer cette année dans une phase concrète de réalisation. Longtemps resté au stade de schéma stratégique, il commence désormais à se matérialiser sur le terrain.
Dans son bilan énergétique 2025 et ses perspectives de développement, publiés récemment, la société italienne Snam annonce un investissement de près de 200 millions d’euros pour amorcer l’adaptation du réseau italien de transport de gaz au transport de l’hydrogène vert.
Cette enveloppe financière permettra notamment de lancer le développement du H2 Backbone, considéré comme l’élément central du corridor SoutH2. Selon Snam, le projet reposera largement sur la réaffectation d’environ 60 % des gazoducs existants, afin de constituer un réseau d’hydrogène de 1 920 kilomètres traversant l’Italie. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2026-2030 de l’opérateur.
Un corridor énergétique reliant l’Afrique du Nord à l’Europe
Par ailleurs, le corridor SoutH2 vise à connecter les ressources en hydrogène vert d’Afrique du Nord aux principaux centres industriels européens. Le projet reliera l’Algérie et la Tunisie à l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, créant ainsi une nouvelle artère énergétique entre les deux rives de la Méditerranée.
À terme, cette infrastructure devrait permettre le transport de plus de 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an, dont 1,2 million de tonnes provenant d’Algérie, destinées principalement aux industries européennes.
Considéré comme stratégique pour la transition énergétique du continent, le projet figure déjà dans la liste des projets d’intérêt commun de l’Union européenne. À ce titre, il bénéficie d’un soutien financier du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), qui a accordé 24 millions d’euros pour couvrir une partie des études d’ingénierie.
De nouvelles discussions prévues à Alger
Dans ce contexte, les partenaires du projet devraient se réunir prochainement à Alger pour poursuivre les discussions sur la mise en œuvre opérationnelle du corridor.
Cette rencontre intervient plus d’un an et demi après la signature de l’accord d’Alger en octobre 2024, conclu entre plusieurs acteurs majeurs du secteur énergétique : les groupes algériens Sonatrach et Sonelgaz, l’allemand VNG, les opérateurs italiens Snam et SeaCorridor, ainsi que l’entreprise autrichienne Verbund Breeg Hydrogen.
Les discussions devraient porter sur les mécanismes de lancement du projet, considéré comme l’une des futures artères majeures de l’approvisionnement de l’Union européenne en hydrogène vert.
L’Algérie prépare sa production d’hydrogène vert
En parallèle, un autre projet stratégique devrait accompagner cette dynamique : ALTH2 A. Celui-ci vise à identifier les sites les plus adaptés pour l’implantation d’unités industrielles de production d’hydrogène vert en Algérie.
Ce projet avait déjà fait l’objet d’importantes consultations lors d’une réunion tenue à Vienne en novembre dernier, rassemblant les partenaires européens et algériens.
Ainsi, tandis que l’Italie et l’Allemagne accélèrent l’adaptation de leurs infrastructures gazières au transport de l’hydrogène, l’Algérie s’attèle à développer ses capacités de production.
Deux projets pilotes ont d’ailleurs été lancés par Sonatrach, en partenariat avec l’allemand VNG et l’italien ENI, afin de poser les bases d’une future industrie nationale de l’hydrogène vert.
