Le 10 septembre 2026 marquera un tournant décisif dans la géopolitique maghrébine et arabe.
Après des années de tensions feutrées et d’avertissements diplomatiques répétés, l’Algérie a tranché dans le vif en annonçant la rupture totale de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis (EAU).
Face à ce qu’elle qualifie d’atteintes répétées à sa sécurité nationale, Alger a prononcé un mot lourd de sens : « Barakat » (Ça suffit).
Mais quelles sont les véritables raisons de ce séisme diplomatique ? Une enquête explosive du quotidien algérien El Watan, publiée le 13 septembre 2026, lève le voile sur une série d’ingérences économiques, politiques et militaires. Cinq milliards de dollars pour saboter des projets stratégiques, 30 avions de chasse livrés au Maroc, et 80 millions d’euros versés à des groupes armés : voici les coulisses d’une rupture inévitable.
« Barakat » : La fin de la patience stratégique algérienne
Pendant longtemps, la diplomatie algérienne a privilégié la retenue, soucieuse de préserver la cohésion arabe. Cependant, la politique étrangère d’Abou Dhabi s’est progressivement transformée en une menace existentielle pour les intérêts vitaux de l’Algérie. Le gouvernement algérien a multiplié les alertes concernant les « conséquences désastreuses » des actions émiraties. En vain.
Pour Alger, dire « Barakat », c’est affirmer une doctrine claire : les relations économiques ne sauraient servir de cheval de Troie à l’ingérence politique. La souveraineté ne s’achète pas, et l’immunité diplomatique ne protège pas contre les actes hostiles. L’État algérien a ainsi décidé de fermer la porte à ce qu’il considère comme une entreprise systématique de déstabilisation.
Les 5 piliers de la discorde : chronique d’une crise sans précédent
Le dossier à charge contre les Émirats arabes unis s’articule autour de cinq axes majeurs qui menacent l’intégrité et la stratégie de développement de l’Algérie.
1. Guerre économique : Le sabotage du gazoduc transsaharien
Au cœur des tensions se trouve le méga-projet du gazoduc transsaharien (Nigéria-Niger-Algérie). Selon les révélations d’El Watan, Abou Dhabi aurait mobilisé un fonds de 5 milliards de dollars pour faire dérailler ce tracé au profit d’un projet concurrent transitant par le Maroc.
- L’enjeu algérien : Un projet estimé entre 10 et 13 milliards de dollars, d’une capacité de 30 milliards de mètres cubes par an, destiné à faire de l’Algérie le hub incontournable du gaz africain vers l’Europe.
- L’offensive émiratie : Outre l’offre financière colossale pour influencer les décideurs africains, les EAU auraient financé des campagnes de désinformation massive sur les moteurs de recherche pour décrédibiliser le tracé algérien auprès des investisseurs internationaux.
2. L’encerclement militaire : L’axe Abou Dhabi – Rabat – Tel Aviv
Sur le front ouest, le rapprochement militaire entre les Émirats, le Maroc et Israël constitue une ligne rouge franchie. L’Algérie accuse Abou Dhabi de transformer le Maroc en une base avancée pour ses intérêts géopolitiques.
- Transfert d’armement lourd : La livraison prévue de 30 avions de chasse émiratis « Mirage 2000-9 » au Maroc modifie l’équilibre des forces dans la région.
- Présence israélienne : L’enquête pointe du doigt le transfert d’experts militaires israéliens chargés de construire des installations ultrasensibles à proximité immédiate des frontières algériennes.
3. Le financement du chaos au Sahel
La diplomatie algérienne repose sur un principe fondamental : le refus catégorique du paiement de rançons aux groupes terroristes. Or, les Émirats sont accusés d’avoir versé près de 80 millions d’euros à des groupes armés sahéliens opérant près des frontières sud de l’Algérie.
- 50 millions d’euros pour la libération d’un otage émirati.
- 30 millions d’euros pour des otages occidentaux (suisses, autrichiens et américains).
Pour Alger, ces fonds ne sont pas de simples transactions humanitaires : ils servent à acheter des armes, à recruter et à préparer de nouvelles attaques. C’est un coup de poignard direct porté à la sécurité nationale algérienne et à la stabilité de la région sahélo-saharienne.
4. Ingérence politique de l’intérieur : De Dounia Park aux Présidentielles
Le bras de fer entre le pouvoir algérien et les Émirats ne date pas d’hier. Il trouve ses racines dans le refus d’Abdelmadjid Tebboune, alors ministre de l’Habitat, d’avaliser le projet immobilier « Dounia Park ». Présenté comme un investissement de 500 millions d’euros, il cachait en réalité un montage permettant l’évasion illégale de près de 5 milliards de dollars.
L’animosité s’est ensuite déportée sur le terrain politique. Abou Dhabi est accusé d’avoir :
- Tenté d’influencer les élections présidentielles de 2019.
- Réactivé des réseaux d’influence (réunions secrètes à Paris) pour perturber le scrutin de 2024 et empêcher la réélection du Président Tebboune.
- Financé des mouvements classés terroristes par Alger, tels que le « MAK » et « Rachad », pour fragiliser le front interne.
5. Le coup de grâce diplomatique : Le veto caché aux BRICS
Le double jeu des Émirats a éclaté au grand jour lors de la candidature de l’Algérie aux BRICS. Alors qu’ils se présentaient comme des partenaires économiques fiables d’Alger, les EAU auraient mené un lobbying intense en coulisses (notamment auprès de l’Inde) pour bloquer l’adhésion algérienne, favorisant l’entrée de leur propre pays tout en soutenant plus tard la candidature marocaine.
Les guerres par procuration : De la Libye au Soudan
Au-delà des frontières immédiates de l’Algérie, la diplomatie émiratie heurte de front la doctrine algérienne de non-ingérence et de résolution pacifique des conflits :
- En Libye : Le soutien militaire et financier d’Abou Dhabi au maréchal Khalifa Haftar s’oppose frontalement à la vision d’Alger, qui milite pour l’unité libyenne et des solutions politiques inclusives.
- Au Soudan : L’Algérie observe avec inquiétude le soutien émirati (armes, fonds, mercenaires sud-américains) aux Forces de soutien rapide (FSR) de Hemedti, alimentant une guerre civile dévastatrice.
- En Tunisie : Des pressions économiques auraient été exercées pour pousser Tunis vers la normalisation avec Israël.
Un nouveau paradigme pour la diplomatie algérienne
La rupture du 10 septembre 2026 n’est pas un simple accès de fièvre diplomatique, mais l’inauguration d’une nouvelle ère. En disant « Barakat », l’Algérie envoie un message clair à la communauté internationale et aux puissances régionales : ses choix souverains, la sécurité de ses frontières et ses intérêts stratégiques ne sont pas négociables.
Les investissements financiers du Golfe, aussi massifs soient-ils, ne confèrent aucun droit de tutelle. Face à un comportement perçu comme une entreprise d’encerclement et de déstabilisation, la réponse d’Alger est sans équivoque : la rupture totale et définitive de tout lien avec les Émirats arabes unis.
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