L’été 2026 restera gravé comme l’une des saisons les plus destructrices pour le patrimoine naturel et agricole en Algérie
Frappée de plein fouet par un phénomène climatique extrême qualifié de « dôme de chaleur » en juillet dernier, l’Algérie a vu des dizaines de milliers d’hectares de couvert végétal partir en fumée.
La Direction générale de la Protection civile, par la voix du lieutenant-colonel Nassim Bernaoui, sous-directeur de l’information et de la sensibilisation, vient de dévoiler un bilan provisoire alarmant, marquant le niveau de pertes le plus élevé depuis les incendies tragiques de 2021.
Une hécatombe écologique : Plus de 141 000 hectares ravagés
Les chiffres communiqués par la Protection civile témoignent de l’ampleur du désastre. Au total, ce sont 1 166 feux de forêts et 378 feux de maquis qui ont été recensés, auxquels s’ajoutent 1 050 foyers d’incendie ayant ciblé des zones de broussailles, d’herbes sèches, d’alfa et de cultures de montagne.
Le lieutenant-colonel Bernaoui a détaillé la répartition de cette tragédie écologique, dont la superficie totale incendiée dépasse la barre critique des 141 000 hectares :
- Forêts : Plus de 43 000 hectares réduits en cendres.
- Maquis : Plus de 46 000 hectares détruits.
- Broussailles et herbes sèches : 38 000 hectares consumés.
- Alfa et cultures montagneuses : Plus de 13 000 hectares perdus.
Il est crucial de noter que ce bilan demeure provisoire. Le dispositif national de prévention et d’intervention pour la lutte contre les feux de forêt est maintenu en état d’alerte maximale et se poursuivra jusqu’au 30 novembre 2026.
L’Agriculture lourdement frappée par le « Dôme de chaleur »
Si le désastre écologique est immense, le tribut payé par le secteur agricole l’est tout autant. Les vagues de chaleur caniculaire de juillet et août 2026 ont transformé les champs et les vergers en véritables poudrières.
Environ 2 950 incendies ont directement touché les exploitations agricoles, menaçant la sécurité alimentaire et l’économie locale de plusieurs régions. Les pertes matérielles sont colossales :
| Secteur Agricole | Ampleur des Pertes (Été 2026) |
|---|---|
| Blé | > 4 100 hectares détruits |
| Orge | > 2 000 hectares détruits |
| Fourrage | ~ 668 000 bottes de paille parties en fumée |
| Arboriculture | > 131 000 arbres fruitiers calcinés |
| Phoeniciculture | > 70 000 palmiers ravagés |
Pour le lieutenant-colonel Bernaoui, ce constat est sans appel : qu’il s’agisse du nombre de départs de feux ou de la gravité des dommages infligés à la flore et aux cultures, l’Algérie n’avait pas connu une telle dévastation depuis cinq ans.
Modernisation et soutien renforcé à la Protection civile
Face à des incendies d’une telle violence, exacerbés par le dérèglement climatique mondial, la réponse institutionnelle se devait d’évoluer. Lors de son intervention, le lieutenant-colonel Bernaoui a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Lors du dernier Conseil des ministres, des décisions historiques ont été actées pour soutenir les soldats du feu algériens. Ces mesures décisives incluent :
- Une revalorisation globale des salaires pour l’ensemble des agents mobilisés sur le terrain.
- La révision du statut particulier des fonctionnaires de la Protection civile.
Ces avancées structurelles ne sont pas seulement symboliques ; elles visent à adapter le corps de la Protection civile aux nouvelles réalités des changements climatiques et à reconnaître la dangerosité extrême des risques majeurs auxquels les intervenants sont désormais confrontés au quotidien.
Alors que la saison des risques n’est pas encore totalement close, ce renforcement des capacités apparaît comme une nécessité absolue pour protéger le territoire national des défis climatiques de demain.
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