Nommé à la tête du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche lors du dernier remaniement ministériel, Sid Ali Khaldi hérite d’un département clé représentant 15 % du PIB en Algérie
Alors que la sécurité alimentaire s’impose comme une priorité stratégique nationale, le nouveau ministre fait face à des défis colossaux : consolidation des méga-projets au Sud, régulation des filières animales, transition numérique et adaptation au changement climatique.
Un secteur stratégique au cœur de la souveraineté nationale
La transition à la tête du secteur agricole s’effectue dans un contexte d’accélération des réformes. La loi d’orientation agricole et de souveraineté alimentaire fixe une ligne claire : optimiser l’ensemble de la chaîne de valeur — de la production au stockage, jusqu’à la transformation et la distribution — pour réduire la dépendance aux importations et dynamiser les exportations.
L’objectif central demeure l’autosuffisance en céréales, notamment le blé dur, portée par des récoltes records et la mise en valeur de nouvelles terres dans le Grand Sud. Pour soutenir cette dynamique, l’État intensifie ses aides financières et matérielles, tout en sécurisant le foncier agricole à travers la régularisation des exploitants des terres domaniales.
Les 5 grands défis du nouveau ministre de l’Agriculture
Pour maintenir le cap tracé par la présidence de la République, Sid Ali Khaldi devra répondre rapidement à plusieurs urgences structurelles et conjoncturelles :
- 1. Sécuriser les filières animales et stabiliser les prix : Relancer l’élevage bovin, ovin et avicole pour garantir l’approvisionnement du marché local en viandes rouges et blanches à des prix abordables. L’enjeu est de réduire la dépendance à l’importation de génisses et de moutons, tout en renforçant la production laitière nationale.
- 2. Concrétiser les méga-investissements étrangers au Sud : Veiller au suivi des partenariats majeurs, notamment le projet algéro-qatari Baladna à Adrar (3,5 milliards de dollars sur 117 000 hectares pour le lait et les céréales) et le projet italien Bonifiche Ferraresi (BF) à Timimoun (420 millions de dollars sur 36 000 hectares pour le blé dur, les légumineuses et les oléagineux).
- 3. Préserver les ressources et s’adapter au climat : Gérer durablement l’eau, les sols et la biodiversité, tout en développant la production nationale de semences et la préservation du patrimoine génétique local pour accroître la résilience face aux aléas climatiques.
- 4. Finaliser la numérisation et l’assainissement : Poursuivre le recensement général du cheptel et des surfaces cultivables, tout en modernisant la gestion administrative du secteur grâce au numérique et aux données de la recherche scientifique.
- 5. Gérer les urgences et indemniser les sinistrés : Traiter rapidement les séquelles des récents incendies ayant touché les exploitations et le cheptel, en finalisant le recensement des dégâts et l’attribution des indemnisations aux agriculteurs impactés.
Pêche et aquaculture : Exploiter le potentiel halieutique
Outre le volet terrestre, le portefeuille de la Pêche exige une attention soutenue. L’Algérie poursuit la relance de la construction et réparation navales, l’optimisation de ses quotas de pêche — avec notamment une projection des flotilles vers les eaux mauritaniennes — et le développement continu de l’aquaculture pour diversifier l’offre halieutique nationale.
Profil : Qui est Sid Ali Khaldi ?
Né le 16 mars 1983 à Alger, Sid Ali Khaldi est juriste de formation, diplômé de l’École nationale d’administration (ENA, promotion 2008-2011) et avocat. Avant d’occuper le poste de ministre de la Jeunesse et des Sports (janvier 2020 – juillet 2021), il a exercé comme conseiller chargé des dossiers politiques et diplomatiques auprès des services du Premier ministre. Sa rigueur administrative et son expérience de l’État seront des atouts essentiels pour piloter ce ministère stratégique.
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