L’Algérie franchit une étape décisive dans sa transition numérique. Ce lundi 7 septembre 2026, le Ministère de la Poste et des Télécommunications a officialisé le lancement d’un appel d’offres d’une ampleur inédite. Objectif : étendre la couverture réseau à 3 000 zones enclavées à travers l’ensemble des wilayas du pays.
Financé à 100 % par l’État dans le cadre du service universel, ce projet ambitieux vise à résorber définitivement la fracture numérique. Il garantit un accès équitable aux services de téléphonie mobile et d’Internet haut débit pour les populations des zones rurales.
Un plan étatique majeur contre les « zones d’ombre »
Malgré l’expansion rapide de la 4G et l’arrivée récente de la 5G dans les grandes métropoles, l’accès aux télécommunications restait inégal entre les grands centres urbains et les régions enclavées. Le nouveau cahier des charges, supervisé par l’Autorité de Régulation de la Poste et des Communications Électroniques (ARPCE), répond directement à ce défi d’inclusivité.
Qui sont les bénéficiaires ?
- 3 000 localités réparties sur les 58 wilayas du territoire national.
- Zones à faible densité démographique, ciblant en priorité les hameaux et villages ruraux de moins de 2 000 habitants.
- Régions difficiles d’accès, notamment dans les Hauts-Plateaux et le Grand Sud algérien.
Ce programme repose sur un investissement public intégral. L’État prend à sa charge le coût financier des infrastructures pour inciter les opérateurs mobiles (Mobilis, Djezzy et Ooredoo) à déployer leurs équipements dans des secteurs jugés peu rentables commercialement.
Déploiement des infrastructures : un calendrier serré de 18 mois
Pour répondre à l’urgence de la demande numérique, le ministère impose un délai de réalisation strict. Les opérateurs retenus disposeront d’un délai maximal de 18 mois pour implanter les antennes-relais, racorder les sites aux réseaux de transmission (fibre optique et faisceaux hertzien) et mettre en service les offres commerciales.
| Élément clé | Détails du programme |
|---|---|
| Périmètre | 3 000 localités isolées (< 2 000 habitants) |
| Financement | 100 % pris en charge par le budget de l’État |
| Régulateur | ARPCE (Lancement de la procédure d’appel d’offres) |
| Délai d’exécution | 18 mois maximum |
| Objectif final | Désenclavement numérique et accès équitable aux TIC |
Stratégie nationale : pourquoi l’inclusion numérique est devenue prioritaire ?
La généralisation de la couverture mobile en Algérie ne constitue pas seulement une avancée technique : elle forme le socle de la modernisation économique de la nation. L’accès à une connexion stable conditionne directement la réussite de plusieurs chantiers stratégiques :
- Digitalisation des services publics : Permettre aux citoyens des zones éloignées de réaliser leurs démarches administratives en ligne (état civil, paiement de factures, démarches bancaires).
- Inclusion financière et E-paiement : Généraliser l’usage des cartes bancaires et CIB, du paiement mobile et du commerce électronique hors des grandes villes.
- Développement local et désenclavement : Soutenir l’agriculture connectée, l’éducation à distance et la télémédecine dans les régions enclavées.
Vers une couverture réseau globale en Algérie
Cette initiative massive marque une étape clé pour achever le désenclavement numérique. En s’attaquant directement au déficit de connectivité dans les zones rurales, l’Algérie pose les bases d’un réseau télécom homogène et résilient, capable d’offrir les mêmes opportunités à l’ensemble de ses citoyens, quel que soit leur lieu de résidence.
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