L’appareil réglementaire algérien vient de s’armer d’une nouvelle feuille de route stratégique.
Ainsi, un décret exécutif inédit, publié au Journal officiel, vient d’élargir de manière inédite les prérogatives de Kamel Rezig, ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations.
En effet, en lui conférant un contrôle quasi absolu sur les flux marchands et les infrastructures névralgiques du pays, le gouvernement affiche une ambition claire : centraliser pour mieux régner sur l’économie post-pétrole.
Désormais doté de ce que les observateurs qualifient déjà de « pleins pouvoirs » commerciaux, le ministre devient le pivot central de la stratégie d’indépendance économique de l’Algérie.
Un contrôle absolu sur les zones franches et la logistique
L’extension des compétences du ministre, formalisée par le décret exécutif n° 26-199 du 16 mai 2026 (complétant le texte n° 25-97 du 11 mars 2025), place sous sa tutelle directe les leviers de la compétitivité algérienne. Kamel Rezig prend ainsi les commandes de :
• La gestion et le suivi des zones franches.
• Le pilotage des zones économiques spéciales dédiées à l’exportation.
• La supervision stratégique des plateformes logistiques du pays.
Cette centralisation vise à briser les cloisonnements bureaucratiques pour accélérer le transit des marchandises et inciter les investisseurs orientés vers l’international.
Import-Export : Le ministre s’installe aux frontières et sous les douanes
Ensuite, l’article 6 bis du nouveau décret transforme le ministère en une véritable tour de contrôle. Kamel Rezig est officiellement chargé de définir et d’unifier la politique nationale de contrôle des opérations d’importation et d’exportation.
Une omniprésence sur le terrain : Le texte stipule que le ministre suivra de près les flux de marchandises à travers tous les postes-frontières (terrestres, aériens et maritimes). Plus impressionnant encore, son regard s’étendra désormais à l’intérieur même des zones sous douane et des entrepôts placés sous contrôle douanier.
Fait notable qui confirme le passage à l’ère numérique et tertiaire : ces pleins pouvoirs ne s’arrêtent pas aux conteneurs physiques, puisque le ministre assurera également le suivi des importations et exportations de services.
Licences automatiques et protectionnisme : L’arsenal de guerre commerciale
Pour faire respecter ce nouveau cadre, Kamel Rezig hérite d’armes de régulation massives. Il est désormais habilité à veiller à la mise en œuvre des licences automatiques d’importation, un outil clé pour fluidifier ou restreindre l’accès au marché national en fonction des besoins réels de l’économie.
Guerre déclarée au dumping et aux pratiques déloyales
Le décret dote le ministre d’une mission de bouclier économique. Il est en première ligne pour :
1. Lutter contre le dumping et les subventions internationales injustes qui faussent la concurrence.
2. Contrer les hausses brutales d’importations susceptibles de menacer ou de fragiliser la production nationale en plein essor.
En concentrant toutes ces prérogatives entre les mains de Kamel Rezig, l’exécutif fait le pari d’une efficacité chirurgicale.
Reste à savoir comment le ministère orchestrera cette coordination XXL avec les autres secteurs douaniers et financiers pour transformer ces «super-pouvoirs» en succès économiques concrets.

