Rarement l’Algérie n’aura affiché une telle ambition économique en si peu de temps.
Avec plus de 20 000 projets d’investissement enregistrés et une valeur cumulée dépassant 9 000 milliards de dinars — soit 62,5 milliards d’euros — le pays se positionne comme l’un des marchés les plus actifs du continent africain.
Ainsi, derrière ces chiffres, un pari stratégique : transformer une économie longtemps dépendante des hydrocarbures en un modèle diversifié, capable d’absorber des capitaux privés à grande échelle.
Le Guichet unique, levier concret de la transition économique
C’est dans ce contexte que le Premier ministre Sifi Ghrieb a présidé une journée d’information dédiée au renforcement du Guichet unique de l’investissement, organisée par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI).
L’objectif affiché est sans ambiguïté : réduire les délais administratifs, clarifier les circuits d’autorisation et garantir aux porteurs de projets — locaux ou étrangers — un accès fluide à l’ensemble des services de l’État en un point de contact unique.
Pour l’économie nationale, l’enjeu est considérable. Chaque projet bloqué par des lourdeurs bureaucratiques représente un emploi différé, une unité de production manquante, un transfert de technologie raté. Accélérer la concrétisation des projets sur le terrain, c’est directement nourrir la croissance hors hydrocarbures que l’Algérie appelle de ses vœux depuis une décennie.
525 000 emplois : un impact social structurant
Au-delà des milliards, c’est la dimension humaine qui donne toute sa portée à cette dynamique. Les projets enregistrés à ce jour promettent la création de plus de 525 000 postes d’emploi, dans des secteurs aussi variés que l’industrie, l’agro-alimentaire, les services ou les énergies renouvelables. Une bouffée d’oxygène pour un marché du travail qui absorbe chaque année des centaines de milliers de jeunes diplômés.
L’AAPI, créée en 2022 dans le cadre de la nouvelle loi sur l’investissement, centralise aujourd’hui les procédures administratives et gère les dispositifs d’incitation fiscale et financière. Sa restructuration en cours, évoquée par le Premier ministre, vise à renforcer encore sa capacité opérationnelle pour que les engagements chiffrés se traduisent en réalisations concrètes.
Un signal fort pour les investisseurs étrangers
La tenue de cet événement institutionnel n’est pas anodine dans le calendrier économique algérien.
Elle envoie un message délibéré aux partenaires internationaux : l’Algérie réforme, mesure et rend des comptes. La coordination renforcée entre ministères, les délais encadrés, la législation sectorielle actualisée — autant de signaux que le gouvernement cherche à rendre lisibles pour des décideurs étrangers qui comparent les destinations d’investissement à l’échelle régionale.
L’Afrique du Nord reste un terrain de concurrence intense entre le Maroc, la Tunisie et l’Égypte. Se distinguer par l’efficacité administrative est aujourd’hui une nécessité autant qu’un choix politique.
