Discret, sobre et profondément patriote, dévoué à l’intérêt supérieur de la nation, Liamine Zeroual s’en est allé ce samedi 28 mars 2026, en laissant derrière lui l’empreinte indélébile d’un homme d’État d’exception.
Figure emblématique de l’histoire contemporaine de l’Algérie, il incarna, jusqu’à son dernier souffle, les valeurs de sacrifice, d’intégrité et de sens du devoir.
Le Lion des Aurès !
Né en 1941 dans la wilaya de Batna, Liamine Zeroual grandit sous le joug de la domination coloniale française. Très jeune, animé d’une conscience patriotique précoce, il rejoint les rangs de l’Armée de Libération Nationale (ALN) et prend part à la guerre de Libération nationale, forgeant dès ses premières années l’engagement indéfectible qui marquera toute son existence.
L’ensemble des ses compagnons d’armes, l’ont qualifié de Lion des Aurès, tant sa bravoure, sa pugnacité et son amour pour une Algérie indépendante, ont fait de lui un guerrier des plus tenaces, et ce, en dépit de son âge.
Une carrière militaire exemplaire au service de l’Algérie
Après l’indépendance, Liamine Zeroual consacre sa vie à la construction de l’Armée Nationale Populaire (ANP). Formé dans des académies militaires de haut niveau, il gravit méthodiquement les échelons de la hiérarchie, occupant une série de postes stratégiques qui lui confèrent une expertise solide et reconnue en matière de sécurité nationale et de défense.
L’homme providentiel d’une décennie rouge
Dans les années 1990, alors que l’Algérie sombre dans l’une des crises sécuritaires les plus sombres de son histoire, Liamine Zeroual répond à l’appel de la patrie. Nommé ministre de la Défense nationale, il est ensuite désigné chef de l’État en juillet 1994 à l’issue d’une conférence nationale, dans un contexte d’une extrême gravité.
En novembre 1995, il remporte la première élection présidentielle pluraliste de l’histoire de l’Algérie, accédant ainsi légitimement à la magistrature suprême avec un mandat populaire clair.
Durant sa présidence, il privilégie une approche fondée sur le dialogue et la recherche de solutions politiques durables. Il engage des initiatives de réconciliation nationale et œuvre avec détermination à la restauration progressive de la stabilité institutionnelle du pays.
Un geste rare et noble : quitter le pouvoir par choix
En 1999, dans un acte rare et remarquable dans le paysage politique algérien et africain, Liamine Zeroual choisit de quitter volontairement le pouvoir avant le terme de son mandat, ouvrant ainsi la voie à une transition politique ordonnée et apaisée. Un geste qui, plus que tout discours, dit l’homme qu’il était.
Vingt-sept ans dans l’ombre, mais jamais dans l’oubli
Retiré de la scène publique depuis lors, Liamine Zeroual aura vécu ses 27 dernières années à l’écart des projecteurs, dans la même sobriété qui avait caractérisé toute sa vie. Loin des honneurs et des mondanités, il a néanmoins su préserver, intact et inaltéré, le respect et l’estime de ses compatriotes comme des plus hautes autorités du pays.
Il laisse derrière lui l’image d’un dirigeant mesuré, d’un patriote intègre et d’un homme d’État qui aura traversé son époque avec dignité, gravant son nom dans la mémoire collective algérienne non par l’éclat, mais par la profondeur du service rendu à sa nation.
