L’héritage laissé par l’équipe nationale d’Algérie lors de la Coupe du monde 2026 pourrait bien dépasser le cadre sportif.
Quelques jours après avoir accueilli les Verts durant le tournoi, la ville américaine de Lawrence envisage désormais de nouer un partenariat officiel avec Biskra, ouvrant la voie à une coopération durable entre les deux collectivités.
De l’engouement du Mondial à un projet de jumelage
En effet, pendant le Mondial, Lawrence avait été choisie comme camp de base de la sélection algérienne. L’accueil réservé aux Fennecs, mais aussi la mobilisation remarquée des supporters algériens ainsi que leur bonne humeur, avaient marqué les habitants et les responsables locaux, créant une dynamique qui pourrait aujourd’hui se transformer en projet de coopération.
Ainsi, réunis mercredi au Watkins Museum of History, les membres de l’association Sister Cities Lawrence ont examiné selon le média local « the Lawrence Times » la possibilité de faire de Biskra une nouvelle ville jumelle de Lawrence. Cette réflexion fait directement suite aux échanges et aux relations nouées durant la Coupe du monde.
À l’origine de cette initiative figure Saadi ElMehdi Zemmouri, installé à Sacramento, en Californie. Durant le Mondial, il avait adressé une lettre aux autorités locales pour proposer la création d’un pont civique, culturel et éducatif entre Lawrence et Biskra. Selon lui, les liens créés à l’occasion de la compétition méritent de se prolonger bien au-delà de l’événement sportif. Son père, Noureddine Zemmouri, professeur d’architecture à l’Université de Biskra, a également pris part aux discussions.
Une coopération pensée sur le long terme
Les responsables de Sister Cities Lawrence ont toutefois rappelé qu’une telle démarche s’inscrit dans une vision de long terme. Kelly Scholz, vice-présidente de l’association, a souligné que chaque partenariat est étudié avec soin afin de garantir une coopération durable et bénéfique pour les deux villes.
Même constat du côté de Bob Schumm, président de l’association Friends of Messolongi. Selon lui, la réussite d’un jumelage repose avant tout sur l’engagement de bénévoles et de partenaires capables de faire vivre les échanges au fil des années. Il a rappelé que plusieurs jumelages de Lawrence étaient initialement nés de collaborations universitaires avant de s’étendre progressivement à l’ensemble de la communauté, un modèle qui pourrait être reproduit avec Biskra.
Les universités appelées à jouer un rôle central
L’Université du Kansas pourrait justement jouer un rôle moteur dans cette future coopération. Joe Potts, vice-recteur associé chargé des partenariats stratégiques et de l’innovation internationale, a indiqué qu’une déclaration d’intention ou un accord-cadre pourrait constituer une première étape avant un partenariat plus structuré, sous réserve d’un intérêt des enseignants-chercheurs.
Les discussions entre Joe Potts et Noureddine Zemmouri ont déjà permis d’identifier plusieurs domaines de collaboration potentiels entre les deux universités. Parmi eux figurent l’agriculture en zones arides, la gestion des nappes phréatiques et des ressources hydriques, l’urbanisme des oasis ainsi que l’architecture durable.
Les participants ont également évoqué la mise en place d’échanges d’étudiants, de séjours en familles d’accueil et d’un réseau de bénévoles, considérés comme des éléments essentiels pour assurer la pérennité du projet.
Une image positive de l’Algérie qui laisse des traces
L’accueil réservé à la délégation algérienne durant la Coupe du monde reste d’ailleurs très présent dans les esprits. Kelly Scholz a affirmé que cette expérience lui avait inspiré une grande fierté, saluant le choix de Lawrence par la sélection algérienne et les excellentes relations nouées avec les visiteurs.
De son côté, le maire de Lawrence, Brad Finkeldei, a indiqué avoir échangé avec l’ambassadeur d’Algérie aux États-Unis ainsi qu’avec un ancien ambassadeur américain en Algérie. Tous deux ont manifesté leur intérêt pour un renforcement des relations entre les deux pays.
Un projet encore à ses débuts
Toutefois, le média souligne qu’à ce stade, aucun accord officiel n’a encore été présenté. La priorité consiste désormais à constituer un groupe local baptisé « Friends of Biskra », chargé de porter le projet et d’évaluer les conditions d’un futur jumelage entre les deux villes.
Si le processus n’en est encore qu’à ses débuts, une chose est déjà acquise : le passage des Verts à Lawrence et l’enthousiasme des supporters algériens pendant la Coupe du monde 2026 ont laissé une empreinte durable. Une aventure sportive qui pourrait désormais déboucher sur un partenariat institutionnel, universitaire et culturel entre Lawrence et Biskra.
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