À l’issue de la réunion de son Secrétariat national tenue ce vendredi 4 septembre 2026, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a livré une charge au vitriole contre la trajectoire politique et sécuritaire du gouvernement.
À la veille d’une rentrée sociale sous haute tension, la formation d’opposition dénonce une impasse institutionnelle aggravée par la fermeture continue du champ démocratique et des arbitrages géopolitiques inédits décidés sans contrôle parlementaire.
Libertés et gouvernance : le constat d’une impasse
Le parti tire la sonnette d’alarme quant à la détérioration continue du climat politique. Poursuite des emprisonnements d’opinion, restrictions des libertés publiques et recours persistant aux interdictions de sortie du territoire national (ISTN) dessinent, selon le RCD, une stratégie d’intimidation institutionnalisée :
- Un climat d’incertitude : Le verrouillage des libertés prive le pays de tout débat contradictoire et alimente le désenchantement citoyen ainsi que le drame de la harga (émigration clandestine).
- Une gestion gouvernementale « à bout de souffle » : Le RCD qualifie le récent remaniement ministériel des 1er et 2 septembre de simple « réaménagement au coup par coup », accusant le pouvoir de recycler les mêmes personnels plutôt que d’opérer une véritable inflexion politique.
- La surenchère sécuritaire : Face au bilan dramatique des feux de forêt de cet été, le parti dénonce la tentation d’une « fuite en avant répressive », s’opposant catégoriquement à toute instrumentalisation de la peine de mort à des fins politiques ou sécuritaires.
Tournant sécuritaire au Sahel : le RCD exige l’arbitrage du Parlement
Au chapitre diplomatique, le Secrétariat national salue l’apaisement des relations bilatérales avec le Mali et le Niger, marqué par la visite à Alger du Premier ministre malien le 24 août dernier. Toutefois, le RCD exprime de vives réserves quant au changement de doctrine militaire de l’Algérie.
« L’engagement d’avions de chasse algériens au Niger marque un tournant majeur dans le principe de non-intervention hors de nos frontières. Une telle décision ne peut relever d’un simple arbitrage exécutif : elle exige un débat national et l’aval de la représentation nationale. »
— Secrétariat national du RCD
Pour l’opposition, l’ampleur de cette projection militaire impose une clarification urgente de la doctrine sécuritaire du pays devant le Parlement.
Échéances locales : la crédibilité de l’ANIE en question
En perspective des prochaines élections locales, le RCD annonce la mobilisation de ses militants et la poursuite de son redéploiement sur le territoire. Le parti met toutefois solennellement en garde l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) contre toute tentation de verrouillage ou de manipulation administrative du scrutin.
Appelant à une « refondation politique globale », le RCD réitère sa volonté de bâtir une alternative démocratique et républicaine avec l’ensemble des forces vives du pays pour sortir l’Algérie de l’improvisation autoritaire et de la dépendance rentière.
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