L’Algérie s’impose comme le futur moteur de la transition énergétique en Afrique. Selon les récentes prévisions du cabinet Mordor Intelligence, le pays devrait enregistrer une croissance annuelle vertigineuse de 42,51 % dans le secteur des énergies renouvelables sur la période 2026-2031, le taux le plus élevé du continent.
Cette dynamique sans précédent repose sur deux piliers majeurs : un mégaprojet solaire d’un gigawatt et des initiatives ambitieuses dédiées à l’hydrogène vert destiné à l’exportation.
Le solaire et éolien en pleine expansion
La transition énergétique algérienne se concrétise rapidement sur le terrain. Le lancement récent de deux centrales solaires majeures ajoute 400 mégawatts (MW) au réseau national, marquant une étape cruciale vers l’objectif stratégique des 3 200 MW, contre seulement 600 MW aujourd’hui.
À l’échelle continentale, la capacité installée en renouvelable devrait bondir de 77,91 gigawatts (GW) en 2025 à près de 180 GW d’ici 2031. L’Algérie, avec son ensoleillement exceptionnel et ses vastes couloirs éoliens, se positionne en leader naturel pour surpasser la domination historique de l’hydroélectricité en Afrique, un continent où le solaire a déjà fait un bond de 21 % en 2025.
L’hydrogène vert : un projet territorial intégré
Pour Nadjib Derouiche, expert en technologies durables et en impact climatique, le potentiel algérien dépasse la simple production électrique. L’hydrogène vert représente un véritable projet de développement économique et territorial qui nécessite de briser les fonctionnements en silos. L’Algérie rassemble aujourd’hui toutes les conditions pour produire un hydrogène hautement compétitif :
- Des ressources solaires et éoliennes de classe mondiale.
- Une maîtrise historique des infrastructures énergétiques et de transport.
- Une proximité géographique stratégique avec les marchés européens très demandeurs.
- Une synergie innovante avec le traitement des eaux usées et le dessalement pour préserver les ressources en eau douce.
Un cadre huridique et fiscal adapté
L’accélération de ce secteur s’appuie sur une architecture légale particulièrement attractive, pensée pour rassurer et attirer les investisseurs locaux et internationaux :
- La loi 22-18 sur l’investissement : Véritable levier stratégique, elle offre des exonérations de TVA, de droits de douane, des allègements fiscaux et une garantie de transfert des dividendes.
- La loi de finances 2025 : Elle renforce ce dispositif en exonérant de TVA les équipements amortissables cruciaux (électrolyseurs, compresseurs, pipelines spécialisés).
- Le décret exécutif 25-84 : Ce texte met fin aux zones grises en intégrant explicitement l’hydrogène et les renouvelables sous la gouvernance claire et unifiée du ministère de l’Énergie et des Mines.
Défis réglementaires et appui international
Si les atouts naturels et fiscaux sont indéniables, le véritable défi réside désormais dans la normalisation. La filière doit encore combler certains vides réglementaires, notamment concernant les taux de mélange hydrogène-méthane dans les gazoducs, la certification, les garanties d’origine et les normes techniques de stockage.
Pour accompagner cette structuration, les bailleurs de fonds internationaux se mobilisent. L’Union européenne a déjà débloqué un programme d’appui de 45 millions d’euros pour la transition énergétique du pays. À moyen terme, d’autres institutions majeures telles que la Banque mondiale, la Banque Européenne d’Investissement ou le Fonds vert pour le climat devraient emboîter le pas, confirmant que l’Algérie détient une opportunité historique de transformer ses avantages naturels en un véritable leadership industriel durable.
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