L’Entente Sportive de Sétif traverse une zone de turbulences d’une intensité rare en ce début de saison de Ligue 1 Mobilis.
Entre un départ sportif catastrophique et des règlements de comptes internes étalés sur la place publique, le club phare des Hauts-Plateaux s’enfonce dans une crise institutionnelle majeure.
Le technicien égyptien Hamada Sedki, plus que jamais sur la sellette, a choisi de briser le silence après le revers subi face au CR Belouizdad, déclenchant un véritable séisme au sein du club.
Mercato manqué et déclarations choc : le coach flingue la direction
Vendredi soir, lors de la traditionnelle conférence de presse d’après-match, Hamada Sedki a surpris l’ensemble des observateurs en lâchant une bombe médiatique. Confronté aux questions sur les limites tactiques et techniques de son effectif, l’ancien international égyptien a rejeté toute responsabilité quant au recrutement estival.
« Ce n’est pas moi qui ai recruté ces joueurs. Nous manquons cruellement d’éléments à plusieurs postes clés pour prétendre jouer les premiers rôles. »
Une prise de parole frontale qui remet directement en cause la politique de recrutement menée par la direction de la SSPA « Black Eagles ». En ciblant implicitement les choix stratégiques effectués pendant le mercato, Sedki expose au grand jour le manque de synergie entre la barre technique et le management sportif du club.
Un bilan comptable alarmant pour l’Aigle Noir
Sur le terrain, la situation sportive frôle l’urgence absolue. L’ES Sétif a raté son envol de manière spectaculaire, alignant deux défaites consécutives lors des deux premières journées de championnat :
- 1ère journée : Revers humiliant à domicile face à l’ES Ben Aknoun (0-1), marquant une entrée en lice particulièrement poussive.
- 2ème journée : Défaite lors du classique contre le CR Belouizdad, confirmant les lacunes offensives et l’absence totale de réaction du groupe.
Au-delà des résultats comptables (zéro point sur six possibles), c’est la qualité de jeu famélique proposée par les coéquipiers de l’Aigle Noir qui inquiète les supporters et la direction. L’équipe semble manquer de cohésion, d’impact physique et d’idées tactiques pour rivaliser avec les cadors du championnat.
Réunion de crise imminente : vers un sursis ou un limogeage ?
Face à ce climat de tension généralisée et à la colère grondante des supporters, le conseil d’administration de l’ESS se réunit en urgence ce dimanche. L’ordre du jour est clair : évaluer le bilan de Hamada Sedki et trancher définitivement sur son avenir à la tête de l’équipe première.
Les dirigeants sétifiens — menés par Nabil Kebaïli, directeur général de la SSPA, et Farid Mellouli, directeur sportif — se retrouvent face à un dilemme stratégique :
- Option 1 : Le sursis sous condition. Accorder une ultime chance au coach égyptien lors du choc de la 3ème journée face au CS Constantine, en exigeant une victoire impérative et un fond de jeu renouvelé.
- Option 2 : La rupture consommée. Prononcer le limogeage immédiat du technicien pour provoquer un électrochoc psychologique et installer un nouvel entraîneur capable de remobiliser le vestiaire.
Le sommet de ce dimanche s’annonce décisif. Entre le désaveu public jeté par le coach sur son recrutement et l’urgence des résultats, l’ES Sétif joue déjà une grande partie de sa saison.
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