Ce lundi 20 juillet 2026, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, effectue une visite officielle particulièrement attendue à Alger.
Après des années de turbulences, ce déplacement marque l’aboutissement d’une normalisation diplomatique et scelle un rapprochement stratégique entre l’Espagne et l’Algérie, sur fond de crises énergétiques et geopolitiques internationales.
De la crise à la réconciliation
Six ans après sa dernière visite en octobre 2020, Pedro Sánchez revient à Alger avec un objectif clair : inscrire les relations algéro-espagnoles dans une nouvelle dynamique durable. Entre la rupture consommée en 2022 et le dégel progressif opéré ces derniers mois, les deux nations souhaitent désormais concrétiser la volonté partagée de « passer à l’étape supérieure ».
Une tournée marathon : Témoin de l’urgence diplomatique de ce déplacement, Pedro Sánchez rejoint la capitale algérienne dans la foulée de la finale de la Coupe du monde disputée au MetLife Stadium de New York.
En interne, ce voyage permet au dirigeant espagnol de répondre aux critiques de l’opposition — notamment du Parti Populaire (PP) — qui lui reprochait d’avoir rompu le traditionnel équilibre diplomatique de Madrid dans la région. Ce sommet à Alger est ainsi brandi par le Palais de la Moncloa comme la preuve du redressement réussi de sa politique étrangère.
Sahara occidental et Palestine : Les convergences et tensions diplomatiques
Au-delà de la coopération bilatérale, la visite s’inscrit dans un calendrier politique international chargé :
Le dossier de la nationalité des réfugiés sahraouis
Madrid s’apprête à examiner un projet de loi visant à accorder la nationalité espagnole par lettre de nature aux personnes nées au Sahara occidental avant le 11 août 1977. Ce texte, qui concerne directement les réfugiés sahraouis installés dans le sud de l’Algérie, devrait être soumis au vote en septembre. Un dossier suivi de très près par Alger, mais perçu d’un mauvais œil par le Makhzen marocain.
Une vision commune sur la Palestine
Pedro Sánchez se présente à Alger fort d’un nouveau statut : celui de chef de gouvernement occidental parmi les plus fermes face aux actions d’Israël à Gaza et fervent défenseur de la cause palestinienne. Ces prises de position audacieuses sur la scène internationale et à l’ONU ont largement facilité la reprise du dialogue et le rétablissement de la confiance avec le président Abdelmadjid Tebboune dès l’automne 2023.
Énergie et gaz : Securiser l’approvisionnement dans un marché sous tension
Si la dimension politique est indéniable, le volet énergétique reste le nerf de la guerre. Face aux incertitudes du Moyen-Orient et à l’abandon définitif du gaz russe au sein de l’UE, l’Espagne cherche à sécuriser son approvisionnement auprès d’un partenaire réputé fiable.
Pour cette visite, la délégation espagnole compte d’ailleurs davantage de capitaines d’industrie de l’énergie que de membres du gouvernement.
Selon les informations de la presse ibérique :
- Augmentation du gaz naturel : Madrid ambitionne d’obtenir une hausse de 10 % des livraisons de gaz algérien.
- Doublement du GNL : L’Espagne souhaite doubler ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL).
Partenariat économique : Cap sur la diversification et les énergies vertes
L’Algérie ayant engagé un vaste chantier de diversification économique, les entreprises espagnoles entendent saisir les opportunités de marché. Durant son séjour, Pedro Sánchez participera à un forum d’affaires réunissant des acteurs majeurs de plusieurs secteurs :
- Énergies renouvelables & Hydrogène vert : Expertise ibérique pour le développement de l’énergie solaire en Algérie.
- Infrastructures et Hydraulique : Projets de modernisation et gestion de l’eau.
- Agroalimentaire et Ingénierie.
Enfin, cette visite officielle devrait ouvrir la voie à la tenue d’une Réunion de Haut Niveau (RHN) entre les deux gouvernements avant la fin de l’année. Un événement bilatéral de cette ampleur ne s’est plus tenu entre Madrid et Alger depuis 2018.
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