L’Algérie se donne les moyens afin de franchir un cap décisif dans sa stratégie de souveraineté industrielle.
Ainsi, lors d’une réunion du Conseil des ministres qu’il a présidé ce dimanche 17 mai 2026, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a donné des instructions fermes au gouvernement : mobiliser les ressources et capacités pétrolières nationales pour produire localement les matières premières destinées à l’industrie des plastiques, et ainsi alléger une facture d’importation chroniquement lourde.
Le message est sans ambiguïté. L’Algérie dispose des hydrocarbures nécessaires pour alimenter sa propre industrie pétrochimique — les faire transformer à l’étranger avant de les réimporter sous forme de granulés ou de résines plastiques constitue une absurdité économique que le chef de l’État entend corriger.
7 milliards de dollars pour transformer l’aval pétrolier
Les chiffres donnent la mesure de l’ambition. Le ministre des Hydrocarbures, M. Mohamed Arkab a récemment annoncé que des projets pétrochimiques d’envergure, représentant un investissement global de 7 milliards de dollars, sont actuellement en cours de réalisation, avec une réception prévue avant la fin du quinquennat 2025-2029.
L’enjeu central : faire passer le taux de transformation locale des hydrocarbures en produits à forte valeur ajoutée de 32 % aujourd’hui à 50 % d’ici 2029. Autrement dit, la moitié de ce que l’Algérie extrait de son sous-sol sera demain transformée sur place, et non exportée brute pour revenir sous forme de produits finis à prix fort.
Au-delà du secteur des plastiques, Tebboune a réaffirmé son exigence de résultats concrets sur l’ensemble des projets stratégiques en cours, avec un respect strict des délais fixés en Conseil des ministres. L’objectif affiché reste constant : faire émerger une économie algérienne diversifiée, moins dépendante de la rente brute et davantage ancrée dans la transformation industrielle à valeur ajoutée
