En déplacement en Allemagne pour le Sommet algéro-allemand, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a été interpellé sur une éventuelle grâce présidentielle en faveur du journaliste français Christophe Gleizes, actuellement détenu en Algérie.
Fidèle à sa ligne de conduite, le chef de l’État a opposé une fin de non-recevoir, invoquant la souveraineté et le respect des institutions de son pays.
Une fin de non-recevoir au nom du « respect de la justice »
Interrogé lors d’une conférence de presse à Berlin, Abdelmadjid Tebboune a catégoriquement refusé d’évoquer l’avenir judiciaire du journaliste français hors des frontières algériennes. Pour le président de la République, la question relève strictement de la souveraineté nationale.
« Par respect à la justice algérienne, je ne vais pas répondre à cette question en dehors du territoire national. C’est un principe », a-t-il déclaré avec fermeté.
Par cette déclaration, l’Algérie réaffirme son refus de voir des dossiers judiciaires internes commentés ou négociés sous la pression internationale ou lors de sommets diplomatiques à l’étranger.
Qui est Christophe Gleizes ? Retour sur une affaire sensible
Le cas de Christophe Gleizes continue de peser sur les relations diplomatiques entre Paris et Alger.
- Le profil : Journaliste français de 37 ans, collaborateur régulier des magazines réputés So Foot et Society.
- L’arrestation : Interpellé en mai 2024 en Kabylie (nord-est de l’Algérie) alors qu’il réalisait un reportage sur la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), un club de football historique et hautement symbolique dans la région.
- La condamnation : En juin 2025, il est condamné à sept ans de prison ferme pour « apologie du terrorisme », une peine lourde qui a été confirmée en appel en décembre de la même année.
Paris calme le jeu
Cette sortie d’Abdelmadjid Tebboune intervient alors que la diplomatie française tente d’obtenir une issue favorable pour le trentenaire.
Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé que Christophe Gleizes a pu bénéficier d’une deuxième visite consulaire le 7 juillet dernier. Le porte-parole du Quai d’Orsay a réitéré que la France poursuivait activement « ses efforts pour obtenir sa libération, y compris en lien avec ses partenaires ».
Alors que Paris joue la carte de la discrétion et de la négociation consulaire, Alger maintient sa ligne de fermeté, rappelant que le temps de la justice algérienne ne s’accorde pas avec l’agenda des chancelleries occidentales.
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