Alors qu’une vague de chaleur historique frappe l’Algérie, la wilaya de Tizi-Ouzou fait face à une crise énergétique et hydraulique majeure.
Privés d’électricité et d’eau sous des températures frôlant les 46°C, les habitants d‘Aït Yahia Moussa et de M’kira crient au secours.
Tizi-Ouzou face à l’enfer de la canicule et des incendies
La wilaya de Tizi-Ouzou traverse un véritable calvaire. L’Algérie subit actuellement un épisode caniculaire extrême, avec des températures oscillant entre 40°C et 46°C, aggravé par des feux de forêt menaçants. Si l’ensemble de la région est touché, la situation est devenue hors de contrôle dans les municipalités d’Aït Yahia Moussa (daïra de Draâ El Mizan) et de M’kira (daïra de Tizi-Gheniff).
Après une panne générale d’électricité survenue dans la nuit de mardi à mercredi, le soulagement des administrés a été de courte durée. Les coupures de courant, récurrentes et interminables, ont repris de plus belle, plongeant des milliers de foyers dans le désarroi.
Aït Yahia Moussa : des villages dans le noir et une pétition contre la Sonelgaz
À Aït Yahia Moussa, la colère gronde. Face à des coupures pouvant dépasser six heures consécutives, les villageois ont lancé une pétition destinée aux hautes autorités du pays et à la Sonelgaz.
« Cela fait des années qu’on nous promet de remédier à cette situation. Aujourd’hui, nous vivons une crise inédite. Non seulement nous restons dans le noir, mais l’intensité du courant est si faible que nos climatiseurs et réfrigérateurs peinent à redémarrer », témoigne un habitant en colère.
Cette baisse d’intensité (chute de tension) cause des dégâts matériels considérables. Au village d’Iâllalen — terre natale de la figure historique Krim Belkacem —, la solidarité s’organise. Les citoyens s’apprêtent à faire constater par un technicien les appareils électroménagers brûlés afin d’exiger des dédommagements auprès de la Sonelgaz sous 48 heures.
Pas d’électricité, pas d’eau : le double calvaire des habitants
Le manque de courant électrique paralyse un autre secteur vital : l’approvisionnement en eau potable.
Les stations de pompage sont à l’arrêt. C’est le cas des motopompes des forages de l’Oued Bougdoura (Tadmaït), qui alimentent tout le versant ouest d’Aït Yahia Moussa. Privés d’eau au robinet, les citoyens se tournent vers le « système D » et les vendeurs de citernes. Mais par 46°C, même les tracteurs-citernes se font rares sur les routes escarpées de la région.
M’kira et Ouadhias : des communes coupées du monde
Le constat est tout aussi dramatique à M’kira. Dans le village rural d’Imânden, les habitants passent des nuits entières coupés du monde. Un retraité de l’éducation résume ce quotidien infernal :
- Pas d’électricité ni de climatisation
- Pas d’eau potable
- Coupure totale d’Internet
- Pénurie de pain chez les boulangers
Le même cri de détresse résonne à Ath Abdelmoumène (daïra des Ouadhias), un grand village de plus de 15 000 habitants touché par la même crise.
L’appel au secours des populations locales
Aujourd’hui, les yeux des habitants de la Kabylie restent rivés sur les bulletins météo spéciaux (BMS), dans l’espoir d’une baisse des températures. Face à cette crise humanitaire et énergétique, la population locale espère que ces appels de détresse répétés feront enfin réagir les institutions concernées et la Sonelgaz pour une modernisation urgente du réseau électrique.
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