Longtemps confinée au stade des expérimentations timides, la culture du quinoa dans la wilaya de Touggourt vient de franchir un cap historique.
Fini les simples parcelles d’essai : l’heure est désormais à la production de masse et à la structuration d’une véritable filière économique et nutritionnelle.
Face aux défis climatiques et à l’aridité du Sahara algérien, cette plante ultra-résiliente s’impose comme une solution d’avenir, portée par une initiative locale inédite mêlant compétition agricole, gastronomie et rigueur scientifique.
Du champ d’essai à la production de masse
La région de l’Oued Righ, connue pour son climat extrême, se métamorphose en un véritable laboratoire à ciel ouvert. La Chambre d’Agriculture de la wilaya de Touggourt a récemment annoncé une stratégie ambitieuse : transformer le quinoa, une culture particulièrement résiliente au stress hydrique et aux fortes chaleurs, en un pilier de l’agriculture saharienne.
Cette démarche s’est concrétisée début septembre lors d’une grande journée de sensibilisation organisée à Nezla par l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), la Chambre d’Agriculture et l’association « Bawadir Al-Khayr ». L’objectif est clair : convaincre les agriculteurs locaux que le quinoa n’est plus une curiosité botanique, mais une culture de rente viable, capable de s’intégrer durablement dans le régime alimentaire de la région.
Stimuler l’excellence et l’innovation
Pour accélérer l’adoption de cette pseudo-céréale, les autorités locales misent sur l’émulation collective. En marge du lancement de la nouvelle campagne agricole, la wilaya prépare le terrain pour deux compétitions majeures prévues pour l’Édition 2026 :
- Le « Concours du meilleur champ de quinoa » : Une compétition qui évaluera les agriculteurs sur leurs performances agronomiques.
- Le concours « Le quinoa dans ma cuisine » : Une initiative visant à valoriser le produit fini et à l’introduire dans le patrimoine gastronomique local.
L’enjeu de ces concours dépasse la simple récolte. Il s’agit de prouver qu’un modèle agricole durable est possible en plein Sahara.
Une évaluation basée sur l’écologie et la durabilité
Ce qui distingue cette initiative, c’est l’exigence de ses critères. Accompagnés par un consortium d’institutions scientifiques (dont l’Université Kasdi Merbah d’Ouargla et l’ITDAS), les participants seront évalués sur des standards académiques stricts. La quantité produite ne suffira pas pour remporter la victoire. Le jury scrutera :
- La gestion de l’eau : La rationalisation de l’irrigation est le critère numéro un dans cet environnement aride.
- Le respect de l’itinéraire technique : L’adaptation des méthodes culturales aux spécificités du sol saharien.
- La qualité et le rendement : La stabilité de la production d’une année sur l’autre.
- La viabilité économique : Le potentiel de commercialisation et de valorisation du produit sur les marchés locaux et nationaux.
Sécurité alimentaire et autonomisation locale
L’impact de cette révolution agricole se veut avant tout social. Le programme encourage massivement l’inclusion des jeunes et des femmes rurales, leur offrant une opportunité concrète de s’insérer dans une filière à forte valeur ajoutée. L’innovation, l’exploitation intelligente des ressources locales et l’impact communautaire sont des paramètres décisifs dans l’évaluation des projets.
En documentant méthodiquement les exploitations les plus performantes, les autorités comptent bien créer un manuel de « bonnes pratiques » réplicable. À terme, les succès enregistrés à Touggourt ont vocation à être exportés vers d’autres wilayas du Sud, jetant ainsi les bases d’une véritable sécurité alimentaire et d’un développement local pérenne en Algérie.
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