À Ghardaïa, les « réveillonneurs » de la nuit de la Saint Sylvestre ont trouvé leur bonheur ! Les autorités locales, à leur tête la direction du tourisme, ont mis les « petits plats dans les grands » pour satisfaire les touristes venus en masse à la Vallée du M’Zab.
Ainsi, rien n’a été laissé au hasard pour permettre aux visiteurs locaux et touristes étrangers de passer le cap de 2026 dans les meilleures conditions possibles.
La sécurité, un atout majeur
En effet et à la question de savoir pourquoi il a choisi Ghardaïa, il répond sans hésiter : « Ne croyez surtout pas que j’aurais pris le moindre risque pour ma femme et mes enfants si je n’avais pas été convaincu par un membre de ma famille qui enseigne ici à l’université et qui m’a convaincu qu’il n’y avait pas le moindre problème, et c’est effectivement ce que j’ai constaté de visu. D’ailleurs, en sillonnant la ville avec ma voiture, je n’ai pas vu le moindre de signe d’un quelconque déploiement de forces de sécurité. C’est juste un dispositif normal en pareille circonstance et d’une façon très discrète et je sais de quoi je parle, je suis militaire de carrière », répondra tout de go un touriste croisé aux abords du marché de la vieille ville de Ghardaïa.
Chèche et chéchia, ou la parfaite cohabitation
Sur la vieille place du mythique marché de Ghardaïa, nous avons approché une famille de Guelma qui faisait ses dernières emplettes dans une boutique de souvenirs sous des arcades « habillées » de toutes sortes de tapis. « Honnêtement, au départ, nous avions quelques appréhensions, mais dès qu’on est arrivés à Ghardaïa et que notre guide a commencé à nous faire visiter la ville, nous avons senti qu’on était en totale sécurité et qu’il n’y avait pas le moindre problème », nous avoue une mère de famille, avocate de profession.
Notre interlocutrice enchainera « D’ailleurs, je voudrai souligner ici l’immense respect que j’ai pour la population de cette région pour son hospitalité, d’ailleurs légendaire, et sa chaleur humaine, propre aux habitants de notre grand et merveilleux sud » , ajoutant : « Regardez, n’est-ce pas beau tout ça, le chèche et la chéchia ensemble, le voile en coton de la femme mozabite côtoyant la djellaba de la femme arabe dans un marché populaire. C’est ça l’Algérie avec toute sa mosaïque identitaire. C’est beau un peuple uni. »
De la Casbah d’Alger au Ksar de Beni Isguene
A Béni Isguène, détour et passage incontournable pour tout visiteur de la région, nous avons rencontré Azziouez, un vieil enfant de La Casbah d’Alger, en compagnie de sa petite famille qui nous dira : «Vous avez vu, eux au moins il faut leur reconnaître ce mérite d’avoir pu préserver cet inestimable patrimoine immatériel qui est cette architecture et cette beauté du ksar qui me rappelle notre jeunesse dans l’antique Casbah d’Alger que nous avons malheureusement abandonnée et qui aujourd’hui tombe en ruine.».
Après avoir longuement respiré et inspiré, cet expatrié, car il avouera qu’il vit actuellement en France ajoute « ces murs et ces arcades sont témoins d’une grande civilisation architecturale de cette communauté travailleuse, jalouse de ses racines et de son histoire. Personne ici ne vous permettra ne serait-ce que d’égratigner une écorce de soutien à ces meurtrières faisant double fonction de fenêtre et d’apport en lumière naturelle pour les demeures. Rien que pour ça je reviendrai.»
Appels à « ressusciter » la fête du tapis
Dans la foulée, notre interlocuteur en profitera pour lancer un appel aux autorités locales, afin reprendre l’organisation de la fête du tapis dont la dernière en date à laquelle il a assisté s’est déroulée en 1984. « C’était l’époque faste de l’hôtel Transatlantique où j’ai rencontré feu El Hachemi Guerrouabi et Nouria qui devaient se produire pendant cette semaine culturelle. Je garde à ce jour un petit plateau en cuivre représentant la place et le ksar de Ghardaïa et qui m’avait été offert par notre immense maître du Chaâbi, El Marhoum Cheikh El Hadj El Hachemi Guerrouabi qu’il avait ramené avec lui lors d’une édition de la fête du tapis dans les années 70. ».
Avant de nous quitter, il nous lance : « Ghardaïa a tous les atouts pour revivre ses années de gloire. Une population hospitalière et une activité commerciale très dynamique. Mais l’atout majeur reste son architecture unique au monde et que nous jalouseraient beaucoup de pays. Il nous faut toute une synergie pour remettre sur rails la machine. Nous en avons les moyens et Ghardaïa le mérite amplement. »


