Face à un gaspillage et autres fuites d’eau potable devenus chroniques, le président Tebboune a donné des instructions fermes au ministre des Ressources en eau pour réformer en profondeur la gestion de l’eau potable en Algérie.
Au cœur des préoccupations : les pertes massives enregistrées dans les réseaux de distribution à travers le pays. Le phénomène n’est plus anecdotique.
Un constat des plus alarmants !
Les canalisations vieillissantes, les branchements non conformes et l’absence de maintenance préventive font de l’Algérie l’un des pays où les pertes en eau sur réseau atteignent des niveaux alarmants.
Des experts du secteur évoquent régulièrement des taux de fuite dépassant les 30 % dans plusieurs wilayas — ce qui signifie qu’un litre sur trois pompé, traité et acheminé ne parvient jamais au robinet du citoyen. C’est dans ce contexte que le président de la République a exigé une révision complète du plan de gestion et de distribution de l’eau, avec pour priorité absolue la lutte contre ces pertes considérables.
L’Algérienne des Eaux dans le viseur de Tebboune
L’autre chantier urgent concerne la société Algérienne des Eaux (ADE), dont le mode de gestion doit être modernisé selon une logique d’efficacité opérationnelle. Le président a particulièrement ciblé les communes dépourvues d’antennes locales de l’ADE, mais qui disposent pourtant de réservoirs et de sources d’eau — un paradoxe administratif qui pénalise directement les habitants. La directive est limpide : aucune localité possédant une ressource hydrique ne doit rester sans gestion structurée.
Une approche intersectorielle réclamée
Au-delà des infrastructures, c’est toute la gouvernance de l’eau qui est remise en question. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’impliquer l’ensemble des secteurs concernés dans la gestion de cette ressource vitale — agriculture, urbanisme, collectivités locales — afin de lever les blocages qui compromettent depuis des années une gestion optimale.
L’objectif affiché : répondre concrètement aux attentes des citoyens, qui subissent au quotidien les conséquences d’un système à bout de souffle. L’Algérie gaspille une part substantielle de son eau potable avant même qu’elle n’atteigne les foyers. La réforme annoncée sera jugée à l’aune d’un seul indicateur : le robinet des Algériens coule-t-il de manière fiable et continue ?
