À la suite du scrutin législatif crucial du 2 juillet 2026, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a dévoilé ce lundi après-midi les résultats définitifs des élections de jeudi dernier.
Ainsi, c’est depuis le Centre international des conférences (CIC) d’Alger que le président l’ANIE, a annoncé les premières données compilées qui dessinent déjà les contours de la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN). Voici l’analyse détaillée du Top 5 des forces politiques qui vont façonner l’avenir législatif du pays.
Le Front de Libération Nationale (FLN) – Le leader incontesté
Sans surprise, le Front de Libération Nationale (FLN) conserve sa position de première force politique de l’Algérie. Avec un total solide de 90 sièges (85 élus à l’intérieur du pays et 5 issus de la communauté nationale à l’étranger), le parti historique réaffirme son ancrage territorial et sa capacité de mobilisation. Bien qu’il doive composer avec des alliances pour obtenir une majorité absolue, le FLN demeure le pivot central de la dynamique parlementaire à Alger.
2. Le Rassemblement National Démocratique (RND) – La confirmation du bastion
Le Rassemblement National Démocratique (RND) talonne le leader en s’imposant comme la deuxième force politique du pays. Le RND comptabilise 73 sièges, portés par une excellente performance à l’intérieur (71 sièges) et l’obtention de 2 sièges à l’étranger. Cette assise consolidée permet au RND de jouer un rôle de premier plan, confirmant la prédominance des courants dits traditionnels au sein de l’hémicycle.
3. Le Front El Moustakbal – Une troisième place stratégique
Avec 59 sièges au total (57 à l’intérieur et 2 à l’étranger), le Front El Moustakbal s’adjuge une remarquable troisième place. Ce parti continue sa progression constante dans le paysage politique national et s’impose désormais comme un acteur incontournable pour la formation de toute coalition gouvernementale future.
4. Le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) – Leader de l’opposition islamiste
Le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) se classe en quatrième position avec 43 sièges, tous remportés à l’intérieur du pays. La formation islamiste maintient une base électorale stable et disciplinée. Bien qu’il n’ait décroché aucun siège auprès de la diaspora lors de ce scrutin, le MSP confirme son statut de force d’opposition et de négociation majeure au sein de la nouvelle Assemblée.
5. Le Mouvement El Bina – Le gardien du Top 5
Le Mouvement El Bina ferme la marche de ce Top 5 avec un total de 38 sièges (37 sièges à l’intérieur du pays et 1 siège obtenu à l’étranger). Ce score lui permet d’asseoir son influence et de distancer d’autres listes concurrentes comme El Ahrar (32 sièges). El Bina confirme l’existence d’une sensibilité conservatrice plurielle mais représentée au plus haut niveau de l’État.
La montée des Indépendants
Juste derrière les blocs partisans dominants, les listes indépendantes réalisent une percée remarquable. Le groupe El Ahrar s’impose en force médiane de premier plan avec un total de 32 sièges (30 à l’intérieur, 2 à l’étranger). À cette force structurée s’ajoutent 8 sièges glanés par des listes Indépendantes autonomes à l’intérieur du pays, portant le total des élus non-affiliés aux grands partis traditionnels à 40 députés.
L’émiettement des forces du centre, de gauche et de l’opposition
La nouvelle Assemblée se distingue également par une représentation très diversifiée de courants démocrates, de gauche et de partis de sensibilité conservatrice :
- Sawt Echaâb (Voix du peuple) : Obtient un rôle pivot avec 17 sièges remportés à l’intérieur du pays.
- Front des Forces Socialistes (FFS) : Le plus ancien parti d’opposition historique maintient sa présence critique avec 12 sièges nationaux.
- Tadjamou Amel El Djazaïr (TAJ) : Réussit à placer 10 élus à l’intérieur du pays.
- Front de la bonne gouvernance : S’octroie 9 sièges.
- Mouvement Ennahda / Renaissance : Totalise 9 sièges (7 sièges au titre de la liste principale Ennahda et 2 sièges sous l’appellation Renaissance).
- Parti de la liberté et de la justice & Parti El Fadjr El Jadid : S’adjugent chacun 6 sièges.
- Front national algérien (FNA) : Décroche 6 sièges à l’intérieur du pays.
- Parti El Karama & Front du militantisme national : Obtiennent respectivement 5 sièges chacun.
- Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) : Fait son entrée à l’hémicycle avec 4 sièges.
Les formations « minoritaires » à un ou plusieurs sièges
Le reste de la représentation nationale se fragmente entre plusieurs partis ayant mobilisé des électorats ciblés. Le Parti des travailleurs (PT) de Louisa Hanoune, le parti Jil Jadid ainsi que le Rassemblement Espoir Algérie obtiennent chacun 3 sièges. Le Front de l’Algérie nouvelle dispose également de 3 élus nationaux.
Le Parti de l’unité nationale et du développement sécurise 2 sièges. Enfin, une voix à l’hémicycle a été accordée à chacune des formations suivantes : le Parti du Renouveau algérien, l’Alliance républicaine, le Parti du Front algérien nouveau, le Parti du Gouvernement vertueux, le Front en Houkem el Rached, le Front des Citoyens Libres et la Coordination nationale des patriotes libres.
