Plus de 18 mois après l’ouverture du dossier par le ministère de la Santé, le statut des professionnels du secteur reste plongé dans l’incertitude.
Le Syndicat national algérien des psychologues (SNAPSY) vient de rompre le silence à travers un communiqué incisif, exprimant son « inquiétude » et son « grand étonnement » face au blocage persistant de la révision des statuts particuliers.
Retour sur une crise latente qui fragilise le dialogue social dans le secteur de la santé en Algérie.
Genèse de la crise : Des statuts contestés depuis décembre 2024
L’affaire remonte à la publication, en décembre 2024, des nouveaux statuts particuliers des personnels de la santé. Très vite, une vague de mécontentement s’empare des professionnels, jugeant le texte truffé d’inégalités et d’anomalies préjudiciables à leur carrière.
Face à la fronde, la tutelle réagit : le 28 janvier 2025, le ministère de la Santé installe une commission ministérielle dédiée au recensement et à l’étude de ces insuffisances. Sollicité, le SNAPSY y participe activement en soumettant des propositions concrètes pour rétablir les droits des psychologues de la santé publique.
Cependant, depuis le transfert du dossier à une commission mixte — regroupant la Direction générale de la Fonction publique et le ministère des Finances —, le processus est au point mort.
Absence de communication : Le silence de la discorde
C’est précisément ce black-out institutionnel que pointe du doigt le syndicat. Aucune mise à jour, aucun calendrier, aucune explication sur les motifs de ce retard prolongé n’ont été fournis.
« Le maintien de ce silence officiel sur un dossier touchant aux droits professionnels et sociaux de milliers de fonctionnaires est incompatible avec les principes de transparence », fustige le SNAPSY.
Selon l’organisation syndicale, ce manque crucial de communication institutionnelle produit des effets délétères sur le terrain :
- Perte de confiance flagrante entre l’administration et les partenaires sociaux.
- Prolifération des rumeurs et des fausses informations au sein des structures de santé.
- Sentiment de frustration grandissant chez les praticiens, qui attendent la régularisation de leur situation administrative et financière.
Les exigences du SNAPSY : Vers une clarification urgente
Face à ce qu’il qualifie de dépassement de « tous les délais raisonnables », le Syndicat national algérien des psychologues exige des comptes et appelle le ministère de la Santé à prendre ses responsabilités. Le SNAPSY réclame des réponses claires sur trois points cardinaux :
- L’état d’avancement réel des travaux de la commission mixte.
- La publication des décisions ou des recommandations adoptées à ce jour.
- Des explications officielles quant aux raisons de ce retard de plus d’un an et demi.
Pour le SNAPSY, lever le voile sur ce dossier n’est désormais plus une option, mais « un devoir administratif et moral » pour désamorcer la crise et restaurer un climat de confiance serein dans le secteur de la santé.
