Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a tenu à lever toute ambiguïté autour de la question des obligations de quitter le territoire français (OQTF), devenue ces derniers mois un sujet de polémique récurrent dans le débat public français.
Ainsi et lors de son entretien périodique avec les représentants de médias nationaux, le chef de l’État a clairement distingué cette problématique de son appel, lancé le 11 janvier dernier, en direction des jeunes Algériens établis à l’étranger en situation précaire ou irrégulière pour la régularisation de leur situation.
Des procédures encadrées par le droit et les accords bilatéraux
En effet, lors de cette entrevue, le président a affirmé « cela n’a absolument rien à voir », tout en soulignant que les OQTF relèvent avant tout des responsabilités des pays d’accueil. Une mise au point ferme, dans un contexte où cette question est régulièrement instrumentalisée en France, en l’absence de débats de fond sur l’immigration, et utilisée comme moyen de pression politique sur Alger.
Le président Tebboune a rappelé que les personnes visées par des mesures d’éloignement disposent de droits, y compris lorsque la justice ordonne leur départ. « Il existe toujours des voies de recours », a-t-il insisté, soulignant que les procédures d’expulsion sont strictement encadrées par des accords bilatéraux entre l’Algérie et la France, qui doivent être respectés par les deux parties.
« personne ne peut humilier l’Algérie »
À ce titre, il a rappelé que l’Algérie a mis en place des mécanismes précis permettant aux services consulaires de vérifier la légalité des décisions d’expulsion. « Nous avons mis en place des procédures pour que le consul puisse visiter un OQTF. S’il constate que tout est légal, il donne son accord et délivre le laissez-passer », a-t-il expliqué, tout en affirmant avec force que « personne ne peut humilier l’Algérie ».
Le chef de l’État est également revenu sur un précédent qu’il a qualifié d’inacceptable, évoquant le refus opposé à un ministre qui s’était « permis de prendre des Algériens, de les mettre dans des avions et de les renvoyer vers l’Algérie » sans respect des règles établies. L’allusion est faite à l’ex ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau qui avait fait de l’Algérie sa cible préféré.
Relations algéro-françaises : refus de l’escalade
Interrogé sur l’état dégradé des relations entre Alger et Paris, le président de la République a choisi de ne pas alimenter la surenchère. Il a toutefois tenu à exprimer son respect pour Ségolène Royal, saluant « son courage, son honnêteté intellectuelle et sa franchise ». Concernant l’éventuelle visite à Alger du ministre français de l’Intérieur, Abdelmadjid Tebboune a estimé que « la déclaration le concerne, lui », marquant ainsi une prise de distance assumée.
Une diplomatie fondée sur l’égalité et la souveraineté
Au-delà du dossier des OQTF, le chef de l’État a rappelé que l’Algérie entretient d’excellentes relations avec de nombreuses puissances mondiales. Il a notamment cité les échanges réguliers avec les présidents chinois, russe ou encore allemand, illustrant la place de l’Algérie sur la scène internationale. « L’Algérie traite avec tous les États d’égal à égal », a-t-il affirmé, martelant qu’« il n’est pas né, celui qui humiliera l’Algérie ». Une déclaration qui s’inscrit dans la vision d’une Algérie assumant pleinement son rôle de puissance régionale, continentale et internationale.
