En dépit des assurances du ministère de l’intérieur et des Transports concernant le code de la route et l’augmentation du prix des transports, les transporteurs n’abdiquent pas : ils persistent et signent en maintenant leur grève générale.
Ainsi, ce samedi 3 janvier 2026, la plupart des bus à travers tout le pays sont à l’arrêt et des milliers de voyageurs sont coincés dans les gares routières dans pratiquement toutes les gares du pays. Aussi bien à Béjaïa, Oran, Alger, Constantine ou Tizi-Ouzou, les transporteurs ont maintenu leur débrayage.
Focus sur Tizi-Ouzou !
À Tizi-Ouzou, à titre d’exemple, la grève des transporteurs entamée le 2 janvier se poursuit et d’autres transporteurs, jusque là qui n’étaient pas en grève, ont adhéré à l’action aujourd’hui samedi. Si, comme à l’accoutumée, les étudiants, par exemple, à Draâ El Mizan, au sud-ouest de Tizi-Ouzou, arrivaient de très bonne heure à la station de bus, il n’en est pas de même ce samedi matin parce que ce s milliers d’étudiants qui se préparaient à rejoindre leurs campus universitaires après quinze jours de vacances, n’y étaient pas car ils savaient que les transporteurs seront en grève.
Les étudiants pris en otage
Les quelques étudiants rencontrés sur place étaient dans l’expectative et ne savaient quoi faire. » J’étais ici à six heures du matin. Aucun bus n’a pointé son nez. Je le savais déjà mais je me suis dit qu’il y aurait quelqu’un qui brisera le mot d’ordre déjà ayant circulé sur les réseaux sociaux depuis le premier janvier. Peut être, ces transporteurs ont raison parce que la carburant a augmenté mais nous sommes pris en otage. Et je suis sûre que cela va durer d’autant plus qu’aucune solution n’est en vue. Demain, il n’y aura pas de transport aussi. Déjà, en situation normale, notre région souffre énormément de ce manque », nous répond une jeune étudiante qui grelottait de froid.
Les transporteurs se disent être dans le brouillard
Il nous a été donné de contacter un transporteur en grève. » Déjà, notre activité est menacée à cause du manque de pièces de rechange, de pneus, et d’autres charges que je ne pourrais étaler au téléphone. Même si on nous martèle que nous aurons droit à importer des bus de moins de cinq ans, on ne sait pas aussi qui financera de tels achats et comment le faire ? . Croyez-vous qu’un transporteur peut facilement acquérir un bus ? Peut être, l’augmentation du carburant est la goutte qui a fait déborder le vase. Si non fait la liste de tous nos problèmes, il n’y aura personne qui souhaitera investir dans cette activité. De combien va augmenter le tarif de transport ? Nos pertes ne seront jamais amorties « , confie-t-il d’une voix presque inaudible un propriétaire de bus vieux de plus quinze ans .
« Nous travaillons à perte ! »
D’autres transporteurs, voient en ce débrayage une manière de «mettre à plat» plusieurs problèmes liés à la profession, notamment ceux qui assurent les liaisons vers les villages où ils expliquent que le réseau routier est impraticable. » Le CW 152 qui relie notre village au chef-lieu est dans un état piteux. Il faut changer les pneus et la suspension tous les trois mois. Et on vient d’augmenter le prix du carburant. Il vaut mieux garrer son matériel dans le garage que de travailler à perte. Nous demandons aux hautes du pays de nous accorder le droit d’importer des fourgons neufs de moins de cinq ans voire de dix ans. La plupart de nos fourgons ont plus de 30 ans. En tout cas, personne ne pense à nous « , dit un transporteur, propriétaire d’un fourgon Renault Trafic dont la date de mise en circulation remonte au début des années 90 qui assure la liaison entre le village d’Ath Attela dans la commune d’Ait Yahia Moussa a une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Tizi-Ouzou .
Effet domino
Il est vrai que le syndicat des transporteurs et taxi mène des négociations avec le ministère du transport pour trouver le moyen d’amortir cette augmentation de carburant. Cependant, il n’échappe à personne que cette hausse touche aussi les transporteurs de marchandises et les livreurs. » Cette augmentation aura un effet domino sur tous les autres secteurs. Comment un transporteur de fruits et légumes va faire pour amortir cette hausse ? Donc, cela va se répercuter sur les produits transportés. C’est pour vous dire que le citoyen aura à payer d’ores et déjà les frais de l’augmentation des prix du carburant d’autant plus que dans notre pays tout est transporté par des camions « , pense un transporteur de fruits et de légumes d’un marché de gros jusqu’à Tizi-Ouzou.
Le carburant l’« étincelle » de la contestation
Par ailleurs, il nous a été donné de voir des chaînes interminables devant les stations-services car les automobilistes craignent qu’il y aura une perturbation dans la livraison du carburant parce, qu’on parle d’un mouvement de grève d’une semaine . « Je dois mettre le plein d’essence car je travaille à Tizi-Ouzou. Si le carburant manquait, je me debrouillerais d’autant plus que j’ai deux enfants étudiants au chef-lieu de wilaya », répond un fonctionnaire contacté devant une pompe à essence au centre-ville de Draâ El Mizan.
Cela étant, c’est la cacophonie et l’incompréhension qui règnent partout depuis l’augmentation des tarifs du carburant au point où ce sujet occupe l’essentiel des discussions aussi bien dans les cafés, au matche et même dans les milieux familiaux .


