Lors de sa visite officielle en Algérie, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a réaffirmé la solidité des liens unissant les deux pays, qualifiant l’Algérie de « partenaire d’une importance stratégique absolue » pour l’Italie.
Ainsi, à l’issue de son entretien avec le président Abdelmadjid Tebboune, Giorgia Meloni a dressé un bilan particulièrement positif des relations bilatérales.
Algérie – Italie : une relation diplomatique au sommet
En effet, dans un contexte international marqué par l’instabilité, elle a présenté le partenariat algéro-italien comme « l’une des rares certitudes sur lesquelles nous pouvons compter », soulignant qu’il n’a jamais été « aussi solide et aussi fructueux ». Il s’agit de sa deuxième visite en Algérie depuis sa prise de fonctions — après celle de mars 2023 — confirmant la place centrale qu’occupe Alger dans la stratégie diplomatique de Rome.
Énergie : Eni, Sonatrach et l’expansion vers de nouveaux secteurs
Au cœur de ce partenariat se trouve la coopération énergétique, pilier historique des relations entre les deux pays. Le gazoduc Transmed, qui achemine le gaz algérien vers la Sicile depuis les années 1980, en reste la colonne vertébrale.
Dans ce sillage, Meloni a annoncé la volonté commune d’élargir cette coopération à de nouveaux secteurs, notamment le gaz de schiste et l’exploration offshore, afin de renforcer les approvisionnements gaziers de l’Italie.
À ce titre, l’hôte de l’Algérie, a rappelé qu’en 2025, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 12,9 milliards d’euros, et les investissements italiens en Algérie 8,5 milliards d’euros. Et d’affirmer que « l’Algérie reste à ce jour, le premier partenaire commercial de l’Italie en Afrique et son principal fournisseur de gaz naturel».
Plan Mattei et projets agricoles : l’Algérie, pivot de la stratégie africaine de l’Italie
Sur le plan économique, l’Algérie joue un rôle clé dans le Plan Mattei pour l’Afrique, initiative phare du gouvernement Meloni. Parmi les projets concrets :
Reconversion agricole de 36 000 hectares de terres désertiques, portée par l’entreprise italienne BF Spa — la superficie cultivée devrait passer de 7 000 à 13 000 hectares d’ici fin 2026.
Centre de formation professionnelle agricole de Sidi Bel Abbès, destiné à devenir un pôle d’excellence pour l’Afrique entière, avec un lancement prévu dès l’été 2026. « Nous avons reçu une centaine de candidatures pour le poste de directeur », a souligné le Premier ministre, insistant sur « l’attention et l’importance accordées à cette initiative », l’objectif étant un démarrage des activités dès cet été.
Une chambre de commerce bilatérale pour libérer le potentiel économique
Par ailleurs, les deux pays travaillent également à la création d’une Chambre de commerce bilatérale, conçue comme un levier structurel pour dynamiser leurs échanges. Meloni a mis en avant la « forte complémentarité » des deux économies dans des secteurs stratégiques : agroalimentaire, défense, industrie pharmaceutique, infrastructures, logistique et numérique.
Sur le plan migratoire, la Première ministre italienne, a qualifié la collaboration avec l’Algérie de « modèle pour la région », soulignant sa contribution à la réduction des arrivées irrégulières et des décès en Méditerranée.
Enfin, la visite de Giorgia Meloni à Alger confirme que la relation algéro-italienne s’inscrit désormais dans une logique de partenariat stratégique global, articulé autour de l’énergie, de l’agriculture, du commerce et de la stabilité régionale méditerranéenne.
