Les incendies dévastateurs qui ont récemment ravagé plusieurs régions boisées en Algérie prennent une tournure judiciaire majeure.
Le parquet de la Cour d’Alger a rendu public un communiqué détaillant l’arrestation de quatre individus impliqués dans des actes d’incendie volontaire. Parmi les suspects figure un sympathisant du mouvement terroriste MAK, confondu par des preuves vidéo et des expertises scientifiques.
Une enquête judiciaire sur les feux de forêt criminels à Tizi Ouzou et Sétif
À la suite de vagues d’incendies suspectes ayant touché des massifs forestiers et mis en danger des populations civiles, les services de sécurité ont engagé des investigations poussées.
Menées conjointement par la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de la sûreté de wilaya de Tizi Ouzou et le service d’investigation de la Gendarmerie nationale de Sétif, ces enquêtes préliminaires ont conduit au démantèlement d’un réseau criminel composé de quatre personnes.
La justice algérienne a rendu publiques trois affaires distinctes illustrant le caractère délibéré de ces départs de feu :
- Tizi Ouzou (Route des Puits) : Le nommé Ben Momen Mehdi a été surpris en flagrant délit par des citoyens alors qu’il mettait le feu à des broussailles denses à proximité de la résidence universitaire pour filles. Une vidéo saisie confirme son acte.
- Tizi Ouzou (Forêt d’Aït Aïssa – Ouziane) : L’individu Mouzni Merzouk a été arrêté après avoir sciemment incendié ce massif forestier. Il a également lapidé les éléments de la Protection civile en plein travail d’extinction.
- Sétif (Forêt de Montano, Tizi N’Bechar) : Les nommés Chttibi Imad et Berbeche Slimane ont été confondus par une expertise scientifique attestant de leur présence sur les lieux du sinistre.
Le rôle du mouvement terroriste MAK dans la pyromanie en Kabylie
L’une des révélations marquantes du communiqué de la Cour d’Alger réside dans le profil des personnes interpellées. Lors de son arrestation à Tizi Ouzou, le suspect Mouzni Merzouk a explicitement déclaré appartenir à la mouvance des sympathisants de l’organisation classée terroriste MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie).
Cette prise de parole officielle confirme les soupçons pesant sur l’implication de réseaux extrémistes dans l’allumage d’incendies criminels visant à déstabiliser la sécurité nationale et à détruire le patrimoine forestier de la région.
Poursuites pénales et détention provisoire au Pôle antiterroriste
Présentés devant le Pôle pénal national de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée du tribunal de Sidi M’Hamed (Alger), les quatre mis en cause font face à des chefs d’accusation d’une extrême gravité.
Les chefs d’inculpation retenus :
- Crime d’accomplissement d’actes de sabotage visant à mettre en danger la vie des personnes, leur sécurité et leurs biens.
- Crime d’incendie volontaire ciblant le domaine forestier de l’État.
Ces faits relèvent directement des dispositions de l’article 87 bis du Code pénal algérien relatif aux actes terroristes et de l’article 138 de la loi relative aux forêts et aux richesses forestières. Au terme de la première audition, le juge d’instruction a ordonné le placement immédiat des quatre prévenus en détention provisoire.
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