Meta a officialisé le déploiement d’une mise à jour majeure pour WhatsApp introduisant les noms d’utilisateur (Usernames) afin d’éviter le partage automatique des numéros de téléphone.
En Algérie, cette évolution fait réagir les autorités : le ministère de la Poste et des Télécommunications a interpellé le géant américain pour exiger que chaque compte reste impérativement adossé à une ligne mobile nationale vérifiée.
Une fonctionnalité centrée sur la confidentialité selon Meta
Dans un communiqué officiel, la filiale de Meta a annoncé que la gestion des contacts sur WhatsApp s’apprête à évoluer. Jusqu’ici centralisé sur le numéro de mobile, l’annuaire de l’application laissera place à des identifiants personnalisés.
Concrètement, la mise à jour apporte plusieurs changements notables :
- Masquage du numéro : Les coordonnées téléphoniques ne seront plus communiquées automatiquement lors des ajouts dans des groupes ou lors du premier message à un tiers (particulier ou entreprise).
- Prise de contact par identifiant : Pour échanger avec un nouvel interlocuteur, il faudra désormais connaître son nom d’utilisateur.
- Déploiement progressif : L’option de réservation des pseudonymes est déployée par phases à travers le monde.
Pour la plateforme aux plus de trois milliards d’inscrits, il s’agit d’une avance importante en matière de confidentialité et de vie privée, empêchant la fuite indésirable de numéros personnels au sein de grands groupes de discussion.
La réponse d’Alger : L’obligation d’une SIM nationale vérifiée
Si le ministère de la Poste et des Télécommunications (MPTT) reconnaît l’intérêt ergonomique et sécuritaire de ne pas exposer directement son numéro lors des discussions, il recadre fermement les conditions d’utilisation de cette mise à jour sur le marché national.
Par voie de correspondance officielle adressée à Meta Platforms, l’exécutif algérien a fixé une condition non négociable : les noms d’utilisateur ne peuvent être qu’une option d’affichage complémentaire. Tout compte actif ou nouvellement créé en Algérie doit demeurer strictement relié à un numéro de téléphone mobile valide, identifié et enregistré auprès d’un opérateur national (Mobilis, Djezzy ou Ooredoo).
Dans sa saisie, le ministère réclame à Meta :
- Une confirmation écrite officielle garantissant qu’aucun compte en Algérie ne pourra exister sur la seule base d’un pseudonyme anonyme.
- Un plan d’exécution technique et un calendrier précis si des ajustements logiciels s’avèrent nécessaires pour adapter le système au marché algérien.
Sécurité nationale contre vie privée : L’arbitrage réglementaire
Pour justifier sa fermeté, le gouvernement met en avant des enjeux de traçabilité et de sécurité numérique. L’objectif est d’empêcher que la messagerie ne serve de refuge à l’anonymat total, propice aux fausses identités, aux escroqueries et à la cybercriminalité.
Les autorités précisent toutefois que cette exigence réglementaire :
- Ne remet pas en cause le chiffrement de bout en bout des échanges.
- Reste proportionnée aux dispositions légales en vigueur sur le territoire national.
Le ministère s’est dit prêt à engager un dialogue technique direct avec les équipes de Meta afin d’assurer l’intégration de ces contraintes légales sans bloquer l’accès au service pour les usagers algériens.
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