En ces temps de crise énergétique mondiale, la diplomatie va de paire avec le business. Et sur ce volet, l’Algérie connaît depuis le mois de mars dernier, un ballet incessant de représentants étrangers, venant « sécuriser » ou bien renforcer, leurs approvisionnements en hydrocarbures.
Dans un contexte, la Corée du Sud a décidé de renforcer sa diplomatie énergétique en se tournant vers plusieurs pays producteurs de pétrole, dont l’Algérie. Cette initiative intervient après les perturbations majeures causées par les attaques contre l’Iran le 28 février, qui ont fortement impacté la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, passage clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.
L’Algérie comme solution
En effet, face à ce blocage de facto du détroit, par lequel transitaient près de 70 % des importations de pétrole brut sud-coréennes, Séoul a jugé urgent de diversifier ses sources d’approvisionnement. Le gouvernement sud-coréen, en coordination avec le Parti démocrate au pouvoir, a ainsi annoncé l’envoi prochain d’émissaires spéciaux en Arabie saoudite, à Oman et en Algérie.
Dans des propos rapportés par le média “Korea Ties”, Ahn Do-geol, député du parti au pouvoir a souligné que « garantir des sources alternatives de pétrole brut est la priorité absolue dans la crise actuelle au Moyen-Orient ». Il a précisé que tous les efforts diplomatiques seront mobilisés pour sécuriser ces approvisionnements, confirmant l’importance stratégique croissante de pays comme l’Algérie dans les équilibres énergétiques mondiaux.
Une dynamique favorable aux exportations algériennes
Cette démarche sud-coréenne s’inscrit dans une dynamique déjà positive pour les exportations énergétiques algériennes. En effet, selon les dernières données publiées par le site spécialisé Attaqa, les importations de la Corée du Sud en provenance de l’Algérie ont enregistré une hausse significative de 40 % depuis le début de l’année en cours, comparativement à la même période de l’année précédente.
Dans le détail, les volumes de pétrole brut algérien exportés vers Séoul sont passés de 25.000 barils par jour au début de l’année 2025 à 35.000 barils par jour en ce début d’année. Une progression notable qui témoigne de la confiance croissante accordée au brut algérien sur les marchés asiatiques. Grâce à cette évolution, la Corée du Sud s’impose désormais comme la quatrième destination internationale du pétrole algérien, derrière l’Espagne, la France et l’Italie, confirmant ainsi la diversification réussie des débouchés énergétiques de l’Algérie.
L’Algérie, un acteur énergétique fiable et convoité
L’inclusion de l’Algérie dans cette mission diplomatique illustre la place de choix qu’occupe le pays sur la scène énergétique internationale.
Producteur majeur d’hydrocarbures et partenaire reconnu pour sa fiabilité, l’Algérie apparaît aujourd’hui comme une alternative crédible et stable face aux incertitudes du Golfe. Alors que les routes traditionnelles sont perturbées, Séoul explore également des itinéraires alternatifs. Cinq navires battant pavillon sud-coréen devraient être redéployés vers la mer Rouge, notamment vers le port saoudien de Yanbu, devenu un point stratégique pour contourner le détroit d’Ormuz.
Une opportunité stratégique pour l’Algérie
Dans ce contexte international incertain, l’Algérie se positionne plus que jamais comme un partenaire énergétique stratégique, capable de contribuer à la stabilité des marchés mondiaux. La hausse significative de ses exportations vers la Corée du Sud, combinée à l’intérêt diplomatique croissant de Séoul, ouvre la voie à un renforcement durable des relations bilatérales.
