En 1982, l’Allemagne et l’Autriche avaient éliminé l’Algérie par un arrangement honteux à Gijón. Ce soir, à Kansas City, un nul suffirait à nouveau à qualifier les deux équipes. Le fantôme de Gijón rôde.
Le 25 juin 1982 à Gijón, l’Espagne accueillait l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire du football mondial. L’Allemagne de l’Ouest et l’Autriche s’affrontaient pour le dernier match du Groupe 2 de la Coupe du Monde, sachant pertinemment qu’une victoire allemande d’un seul but suffirait à qualifier les deux équipes germaniques au détriment de l’Algérie. Dès la 10e minute, Horst Hrubesch ouvrait le score. Et le football mourrait aussitôt.
Ainsi, pendant plus de quatre-vingts minutes, les deux équipes firent circuler le ballon sans la moindre velléité offensive, sous les huées d’un stade scandant « Algeria ». Le commentateur allemand resta muet plusieurs minutes en signe de protestation, tandis que Michel Denisot sur TF1 prononçait pour la première fois l’expression « match de la honte ».
L’Algérie, victime d’une trahison historique
La victime s’appelait l’Algérie. Pourtant, les Fennecs avaient réalisé l’exploit de la compétition en battant la Mannschaft lors du premier match (2-1), première victoire africaine de l’histoire d’une Coupe du Monde. Malgré une victoire contre le Chili (3-2) et un dépôt de recours officiel de la FAF réclamant la reprise du match, la FIFA refusa toute sanction. L’Algérie était éliminée, trahie par un arrangement qui ne disait pas son nom, et renvoyée chez elle sans que justice ne soit rendue.
La loi née de la honte
Toutefois, le scandale fut tel que la FIFA ne put rester sans réagir sur le fond. Dès le Mondial 1986 au Mexique, l’instance internationale décida que les dernières journées de chaque groupe se disputeraient désormais simultanément, rendant dès lors impossible tout arrangement entre deux équipes. Une règle directement née de la honte de Gijón, et qui reste en vigueur jusqu’à aujourd’hui. Quarante-quatre ans plus tard, c’est précisément cette même confrontation Algérie – Autriche qui ravive ces souvenirs douloureux, dans un contexte où un nul suffirait à qualifier les deux équipes pour les seizièmes de finale de ce Mondial 2026.
