La lutte contre les addictions en Algérie, fait partie des priorités du gouvernement, notamment le ministère de la Santé publique.
Dans ce sens, le professeur Mohamed-Sadik Aït Messaoudane a ouvert, ce samedi 20 juin 2026 à Bordj El Bahri, une rencontre nationale dédiée au personnel des centres de traitement des addictions. Objectif affiché : professionnaliser la prise en charge des patients et resserrer la coordination entre les secteurs concernés, notamment la santé et la justice.
Une rencontre, trois axes
C’est à l’École nationale de management et d’administration de la santé de Bordj El Bahri que le ministre de la Santé a donné le coup d’envoi de cette rencontre nationale. Le rendez-vous rassemble cadres de l’administration centrale, enseignants universitaires, experts algériens et internationaux, ainsi que praticiens de terrain. Le professeur Aït Messaoudane a situé cette initiative dans la continuité des efforts engagés par l’État pour moderniser les dispositifs de prise en charge des addictions, en insistant sur trois volets : la prévention, le traitement et la réinsertion des patients.
55 structures spécialisées déployées sur le territoire national
Le ministre a dressé un état des lieux du dispositif national, né à la fin des années 1990 avec la création des premiers centres spécialisés. L’Algérie compte aujourd’hui cinq centres hospitalo-universitaires dédiés au traitement des addictions, complétés par cinquante centres de soins ambulatoires répartis à travers les wilayas. Cette couverture territoriale, selon le ministre, permet de rapprocher les services de soins des citoyens et de répondre à une demande en hausse pour ce type de prise en charge spécialisée.
Une orientation portée au plus haut niveau de l’État
Le professeur Aït Messaoudane a rattaché l’organisation de cette rencontre aux orientations des hautes autorités de l’État, le président de la République en tête, en faveur d’une intensification de la lutte contre les différentes formes d’addiction. Il a particulièrement insisté sur la consommation de drogues, qu’il qualifie de défi majeur pour la société algérienne.
Santé-justice : vers une coordination multisectorielle renforcée
Le ministre a présenté cette rencontre comme un espace de dialogue entre les différents intervenants, en particulier entre les secteurs de la santé et de la justice. Pour lui, la lutte contre les addictions ne peut reposer que sur une approche multisectorielle, articulée autour de la complémentarité des rôles et de la convergence des efforts entre institutions. Il a par ailleurs salué l’engagement des formateurs et experts mobilisés pour encadrer le programme de cette rencontre.
Le ministre souhaite que les travaux débouchent sur des recommandations concrètes, susceptibles d’alimenter de futurs textes réglementaires. L’enjeu : clarifier les responsabilités des différents acteurs, améliorer la coordination institutionnelle et renforcer l’efficacité globale du système national de prévention et de traitement des addictions. La rencontre a également été marquée par plusieurs interventions scientifiques et techniques, animées par des experts du domaine. Au menu : avancées scientifiques récentes, pratiques cliniques actualisées et retours d’expériences internationales sur la prise en charge des troubles liés aux addictions — autant d’éléments destinés à harmoniser les méthodes de soins selon les standards internationaux.
