Enjeux économiques, souveraineté énergétique et partenariats industriels : l’Algérie et l’Allemagne accélèrent leur rapprochement stratégique à l’occasion de la visite officielle du chef de la diplomatie allemande à Alger.
L’axe Alger-Berlin franchit un nouveau cap. Ce lundi 31 août 2026, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, effectue une visite officielle en Algérie à la tête d’une importante délégation d’affaires.
Cette étape algéroise, inscrite dans le cadre d’une tournée maghrébine, confirme la volonté réciproque des deux nations de bâtir un partenariat économique et industriel de premier plan en Méditerranée.
Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement direct de la visite du président Abdelmadjid Tebboune à Berlin le 16 juillet dernier, marquée par ses entretiens avec le chancelier Friedrich Merz. De la sécurité énergétique mondiale à la transformation industrielle, les enjeux de ce rapprochement sont multiples.
Un agenda économique axé sur l’énergie du futur et les ressources critiques
Les discussions de haut niveau engagées avec les responsables algériens — notamment le président de la République et les ministres des Affaires étrangères et des Mines — mettent en lumière les priorités de la coopération bilatérale :
- Le gaz naturel et la sécurité énergétique européenne : L’Algérie confirme son rôle de fournisseur fiable et stratégique pour l’Union européenne.
- L’hydrogène vert et le Corridor SoutH2 : L’Algérie ambitionne de couvrir 10 % des besoins européens en hydrogène à l’horizon 2040. Le projet d’infrastructure « SoutH2 Corridor », reliant l’Afrique du Nord à l’Allemagne via l’Italie et l’Autriche, constitue la colonne vertébrale de cette transition.
- Le secteur minier et les métaux critiques : L’Allemagne apporte son expertise technologique pour l’extraction et la transformation locale du fer, du phosphate, du zinc et du plomb.
- L’innovation et la technologie : La coopération s’élargit au secteur des startups et de la robotique pour moderniser le tissu industriel.
Vers un transfert technologique et une co-production locale
Au-delà des simples échanges commerciaux — qui ont atteint 3,5 milliards d’euros en 2025 —, la stratégie algérienne vise une intégration industrielle durable. L’objectif partagé par Alger et Berlin est de dépasser le schéma classique d’importation d’équipements pour privilégier la co-production, le transfert de savoir-faire et la formation des compétences locales.
Les tables rondes économiques organisées lors de cette visite posent les jalons de contrats d’approvisionnement bancables, de partenariats techniques et d’investissements directs dans les chaînes de valeur d’avenir.
Un partenariat géopolitique stratégique en Méditerranée
En se positionnant comme un pôle industriel et énergétique incontournable, l’Algérie renforce son attractivité auprès de la première économie européenne. Pour l’Allemagne, la consolidation de l’axe Alger-Berlin répond à une exigence de diversification de ses approvisionnements tout en soutenant la stabilité et la croissance économique dans le bassin méditerranéen.
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