L’Algérie poursuit ses efforts vers une indépendance technologique totale dans le secteur de l’eau.
Dans le cadre du renforcement de la sécurité hydraulique et industrielle du pays, le groupe public Sonatrach et le groupe privé Souakri ont franchi une étape décisive ce jeudi en signant un protocole d’accord stratégique.
Sous le patronage de M. Mohamed Arkab, Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures, cette alliance vise principalement la production locale de membranes d’osmose inverse, un composant technologique hautement critique pour les stations de dessalement d’eau de mer (EDEM).
Un partenariat industriel inédit axé sur le dessalement d’eau de mer
La rencontre, qui s’est tenue au siège du ministère en présence du PDG de Sonatrach, M. Noureddine Daoudi, et du Président du Conseil d’administration du Groupe Souakri, M. Abdennour Souakri, s’inscrit dans le cadre des directives présidentielles visant à accélérer le transfert de technologie et la promotion du contenu local (local content).
Au cœur des discussions : la création d’une unité industrielle pionnière en Algérie dédiée à la fabrication de membranes d’osmose inverse (Reverse Osmosis Membranes). Jusqu’à présent importées à grands frais, ces membranes constituent le poumon technologique des usines de dessalement.
« Le développement de l’industrie nationale et la localisation des technologies stratégiques — en particulier celles liées à la sécurité hydrique et énergétique — sont les piliers fondamentaux de la stratégie de notre secteur », a souligné M. le Ministre d’État, Mohamed Arkab.
Une chaîne de valeur intégrée pour l’industrie du dessalement
Au-delà de la fabrication des membranes d’osmose inverse, le projet porté par le Groupe Souakri et la Sonatrach ambitionne de bâtir un écosystème industriel complet autour du dessalement de l’eau de mer. Le plan d’action conjoint comprend :
- Matériaux et produits chimiques : Développement des composants chimiques associés au traitement et à la purification de l’eau.
- Maintenance et expertise : Prise en charge locale des opérations de maintenance industrielle des stations.
- Formation spécialisée : Transfert de compétences techniques au profit des cadres et techniciens algériens via la Société Algérienne de Dessalement de l’Eau (ADC).
Cette initiative permettra d’augmenter considérablement le taux d’intégration nationale dans les grands projets d’infrastructures hydrauliques du pays.
Pétrochimie et décarbonation : les autres volets de l’accord Sonatrach–Souakri
Si le dessalement constitue le socle majeur de ce partenariat, le protocole signé par M. Ferhat Ounoughi (Vice-Président de Sonatrach) et M. Abdennour Souakri englobe également d’autres axes d’innovation verte et industrielle :
- Valorisation pétrochimique : Lancement d’un projet de production de formaldéhyde à partir du méthanol fourni par Sonatrach.
- Économie circulaire : Traitement et revalorisation des déchets issus des industries pétrolières et gazières.
- Transition énergétique : Mise en œuvre de projets de captage, d’utilisation et de stockage du carbone (CCUS), contribuant aux objectifs de réduction de l’empreinte carbone nationale.
Une étape majeure vers la transition économique de l’Algérie
Ce partenariat public-privé (PPP) démontre la volonté de l’Algérie de bâtir une économie productive et résiliente. En localisant la production des équipements de dessalement d’eau de mer, le pays sécurise non seulement son approvisionnement en eau potable face au changement climatique, mais réduit également sa dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs.
Les deux parties ont entamé la phase d’échange de données techniques et juridiques pour finaliser les études de faisabilité technico-économique, ouvrant la voie à une mise en œuvre rapide sur le terrain.
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