En sa qualité de leader africain en matière de production pharmaceutique, l’Algérie se positionne comme candidate sérieuse à un marché pharmaceutique colossal.
Ainsi, dans une note datée du 14 avril 2026, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a officiellement invité les producteurs nationaux à répondre à l’appel d’offres international lancé par les autorités libyennes pour l’importation de médicaments, d’une valeur totale de 950 millions d’euros.
Saidal et Novo Nordisk en faire-valoir
En effet, le département de Ouassim Kouidri, appelle les fabricants nationaux à saisir cette opportunité en participant à l’appel d’offres dans le strict respect de la réglementation en vigueur. Il les invite à consulter minutieusement le cahier des charges disponible sur les plateformes numériques du ministère libyen de la Santé, afin de soumettre des offres compétitives et conformes aux exigences du marché libyen.
Le marché libyen n’est pas une terra incognita pour les opérateurs algériens. En octobre 2025, le groupe public Saidal avait signé un protocole d’accord lors de la Foire de commerce intra-africain (IATF 2025), portant sur la relance des exportations pharmaceutiques vers la Libye, le transfert d’expertise et de technologies, ainsi que le renforcement des capacités industrielles des deux pays.
Par ailleurs, Novo Nordisk Algérie a déjà effectué des opérations d’exportation de produits antidiabétiques vers la Libye ces dernières années, confirmant ainsi la crédibilité et la compétitivité des producteurs algériens sur ce marché.
Une industrie pharmaceutique algérienne en pleine maturité
L’Algérie dispose aujourd’hui d’un tissu industriel pharmaceutique solide : 200 unités de production, dont une dizaine spécialisées dans la fabrication de médicaments anticancéreux, permettent au pays de couvrir 80 % de ses besoins nationaux en médicaments.
Ces chiffres, rappelés en marge de la Conférence ministérielle africaine sur la production pharmaceutique (27-29 novembre 2025, Alger), témoignent d’un niveau de maturité industrielle qui place l’Algérie parmi les leaders du secteur sur le continent.
Lors de cet événement, qui avait réuni 29 pays africains et plus de 700 participants, les opérateurs algériens avaient signé cinq contrats d’exportation pour un montant global de 10 millions de dollars, couvrant médicaments et dispositifs médicaux à destination de la Mauritanie, la Libye et le Sénégal.
Face à la concurrence internationale, l’Algérie dispose d’un atout non négligeable : sa proximité géographique avec la Libye. Pays limitrophe, l’Algérie peut optimiser les coûts logistiques et proposer des prix compétitifs, tout en s’appuyant sur une expertise sectorielle reconnue et des relations commerciales déjà établies avec Tripoli.
C’est dans cet esprit que le ministère de l’Industrie pharmaceutique a tenu à sensibiliser l’ensemble des opérateurs nationaux sur les enjeux de cet appel d’offres, invitant chacun à s’y engager avec sérieux afin de maximiser les parts algériennes dans ce marché de près d’un milliard d’euros.
