En dépit des importants efforts déployés par la Direction des travaux publics (DTP) pour la réfection des routes, une grande partie du réseau routier de la wilaya de Tizi-Ouzou reste encore en mauvais état. Les chemins communaux, notamment dans plusieurs localités rurales, demeurent difficilement praticables.
Ainsi, il suffit de parcourir les pages du réseau social Facebook pour constater l’ampleur du problème. De nombreuses vidéos et photos montrant des routes fortement dégradées circulent régulièrement sur la toile, témoignant des difficultés rencontrées par les habitants.
Toutefois, il convient de reconnaître que ces dernières années, plusieurs centaines de kilomètres de routes ont été rénovés et recouverts de bitume dans différentes communes de la wilaya.
Une décision du wali pour améliorer l’accès aux villages
En effet, face aux nombreuses doléances exprimées par les comités de villages, le wali de Tizi-Ouzou, Aboubakr Seddik Boucetta, a récemment pris une décision saluée par les habitants.
Ainsi, une enveloppe exceptionnelle de 50 milliards de centimes a été accordée pour la réhabilitation des pistes situées à l’intérieur des villages.
Selon plusieurs sources concordantes, ce financement sera réparti sur 175 sites recensés à travers les villages de la wilaya de Tizi-Ouzou. Les travaux porteront notamment sur le dallage ou le bétonnage des accès, en fonction de l’importance et de la configuration des lieux.
Des aménagements adaptés aux spécificités des villages
Dans de nombreux villages de Kabylie, les accès aux habitations sont souvent très étroits et parfois en cul-de-sac. Cette configuration rend difficile, voire impossible, l’utilisation d’engins lourds destinés aux travaux de goudronnage.
D’après certains présidents de comités de villages ayant déjà déposé leurs fiches techniques, plusieurs pistes seront ainsi dallées avec de la pierre ou recouvertes d’asphalte, une solution qui permettra également de préserver le cachet traditionnel des anciens villages kabyles.
Des routes communales toujours dénoncées par les habitants
Malgré ces nouvelles mesures, l’état de certains chemins communaux continue de susciter de vives critiques de la part des mouvements associatifs. C’est notamment le cas dans la région de Draâ El Mizan, au sud-ouest de Tizi-Ouzou. La route menant au village de Belouadi, situé à la frontière avec la commune de Tizi-Gheniff, est décrite par les habitants comme un véritable bourbier.
La situation est telle que les villageois peinent même à trouver un transport clandestin pour rejoindre le chef-lieu de commune. « Notre village est totalement délaissé. La route est impraticable. Il n’y a même pas de transport scolaire pour nos enfants qui se rendent à l’école à pied, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse chaud. Nous n’avons même pas d’éclairage public et les bêtes sauvages arrivent jusqu’aux portes de nos maisons. Nous avons lancé plusieurs appels, mais sans aucune réponse. Cette enveloppe pour la réhabilitation des pistes ne nous concerne pas », déplore un habitant.
