La Direction générale des impôts (DGI) vient de franchir un pas décisif pour fluidifier l’approvisionnement du marché national.
Ainsi, en supprimant l’obligation de présenter une attestation d’exonération de TVA pour plusieurs produits alimentaires essentiels, la DGI entend raccourcir les délais de distribution et préserver le pouvoir d’achat des ménages algériens.
Riz, œufs, volaille, fruits et légumes : ces produits ne nécessitent plus d’attestation TVA
En effet, cette décision formalisée par la circulaire n°30/DGI/LF 2026 du 5 mai 2026, cible des denrées incontournables du quotidien : riz, légumineuses, fruits et légumes frais, œufs, poulets de chair et dindes. Qu’ils soient importés ou produits localement, ces produits bénéficient désormais directement de l’exonération de TVA, sans démarche administrative préalable.
Jusqu’ici, les opérateurs économiques — importateurs, distributeurs, commerçants — devaient produire une attestation justifiant l’exonération à chaque étape de la chaîne. Une formalité qui, sans être anodine, générait des délais supplémentaires, notamment lors des opérations de dédouanement.
Un obstacle bureaucratique en moins, une chaîne d’approvisionnement plus rapide
À travers la suppression de ce document, la direction générale des impôts vient de lever un écueil bureaucratique non-négligeable. Jusque-là ce document administratif s’appliquait à deux niveaux critiques du circuit commercial :
Au dédouanement, pour les produits importés, où l’attestation n’est plus exigée par les services des douanes ;
À la commercialisation, sur le marché national, que les produits soient d’origine locale ou étrangère.
L’enjeu dépasse le simple allègement administratif. Pour des produits périssables comme les fruits et légumes frais, les œufs ou la volaille, chaque heure compte. Tout retard dans la chaîne logistique se traduit mécaniquement par des pertes, des ruptures de stock et, in fine, une pression à la hausse sur les prix.
Pouvoir d’achat : quand la fiscalité joue un rôle stabilisateur
Les ménages algériens consacrent une part significative de leur budget à ces produits de première nécessité. En simplifiant leur circuit de distribution, la DGI agit directement sur deux leviers du pouvoir d’achat :
La disponibilité : des produits qui arrivent plus vite en rayon, en moindre quantité perdue, sont des produits mieux disponibles à l’échelle nationale.
Les prix : moins de coûts logistiques liés aux formalités, c’est moins de charges répercutées sur le prix final au consommateur. La mesure inclut sur un pied d’égalité productions locales et importations, garantissant un traitement uniforme de l’ensemble des acteurs économiques et évitant toute distorsion de concurrence susceptible de déséquilibrer le marché.
Une réforme qui dépendra de son application sur le terrain
La portée réelle de cette circulaire reste conditionnée à l’harmonisation des pratiques entre les différentes administrations concernées — douanes, services fiscaux locaux, opérateurs de terrain.
Des interprétations divergentes d’une wilaya à l’autre ou d’un poste douanier à un autre pourraient atténuer l’effet recherché.
C’est en ce sens que la DGI devra veiller à une communication claire et homogène auprès des services d’application, pour que la simplification annoncée se traduise concrètement dans les délais et non seulement dans les textes.
