Les relations économiques entre l’Algérie et l’Allemagne poursuivent leur dynamique positive.
Ainsi, les dernières données publiées par l’organisme Germany Trade and Invest, sur la base des statistiques de l’Office fédéral allemand des statistiques, mettent en évidence une progression des échanges commerciaux entre les deux pays en 2025, avec une accélération observée au début de l’année 2026.
Les importations allemandes depuis l’Algérie en forte hausse
En effet, le rapport souligne que l’Allemagne a sensiblement accru ses achats en provenance de l’Algérie au cours de l’année 2025. Les importations ont atteint 1,4 milliard d’euros, soit une progression d’environ 11 % par rapport à 2024, où elles s’établissaient à 1,2 milliard d’euros. Cette tendance s’est même renforcée au premier trimestre 2026, avec une hausse de près de 20 % des importations allemandes.
Cette progression repose principalement sur les hydrocarbures. Le pétrole brut et les produits pétroliers continuent de représenter l’essentiel des exportations algériennes vers l’Allemagne. La hausse des cours internationaux de l’énergie a ainsi contribué à augmenter la valeur des échanges entre les deux partenaires.
Des exportations allemandes globalement stables
Dans le sens inverse, les exportations allemandes vers l’Algérie sont restées quasiment inchangées en 2025, autour de 2,1 milliards d’euros. En revanche, elles ont enregistré un recul de 5,6 % au cours des trois premiers mois de 2026. Derrière cette stabilité apparente se cache toutefois une évolution notable de la structure des exportations allemandes.
Les livraisons de machines et d’équipements industriels ont progressé de 23 % sur un an, pour atteindre 462 millions d’euros. Cette hausse traduit la multiplication des projets industriels engagés en Algérie et les besoins croissants en équipements de production.
À l’inverse, les exportations de véhicules et de composants automobiles ont chuté de 36 %. Cette baisse s’inscrit dans le cadre de la politique algérienne visant à limiter les importations de véhicules finis afin de favoriser le développement des activités locales de montage et de production automobile.
Les grands groupes allemands confirment leur ancrage en Algérie
Le rapport souligne également que plusieurs entreprises allemandes de premier plan continuent d’opérer durablement en Algérie. Des groupes comme Knauf, Siemens, Liebherr et BASF sont présents sur le marché algérien depuis plusieurs décennies, preuve de l’intérêt stratégique qu’ils accordent au pays malgré un environnement d’investissement parfois jugé exigeant.
Les hydrocarbures demeurent le principal levier de croissance
Par ailleurs, le rapport note que le secteur énergétique reste au cœur des perspectives économiques de l’Algérie. Le contexte géopolitique au Moyen-Orient a maintenu les prix des hydrocarbures à des niveaux élevés, permettant au pays de bénéficier d’importantes recettes d’exportation. Afin de préserver ses capacités de production et de répondre à une demande internationale soutenue, le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a annoncé un programme d’investissements de près de 60 milliards de dollars d’ici 2030 dans le secteur des hydrocarbures.
Cette stratégie s’est concrétisée en avril 2026 avec le lancement de l’appel d’offres international « Algeria Bid Round 2026 », destiné à attribuer de nouvelles licences d’exploration et de production de pétrole et de gaz.
Les compagnies étrangères continuent, elles aussi, de miser sur le potentiel énergétique algérien. Le groupe italien ENI a confirmé en avril 2025 un investissement de 8 milliards d’euros dans le pays. Quelques mois plus tard, en octobre 2025, Sonatrach a signé un partenariat avec la société saoudienne Midad Energy pour développer des projets d’exploration et de production dans le bassin d’Illizi.
L’Algérie consolide son rôle dans la sécurité énergétique européenne
Sur le marché européen, l’Algérie poursuit son ascension. En 2025, elle s’est imposée comme le deuxième fournisseur de gaz de l’Union européenne par gazoduc, renforçant ainsi sa position de partenaire stratégique dans la diversification des approvisionnements énergétiques du continent.
Parallèlement aux hydrocarbures, les autorités poursuivent le développement des énergies renouvelables. Au printemps 2026, deux centrales solaires de 200 mégawatts chacune sont entrées en service. Ces réalisations s’inscrivent dans un objectif plus ambitieux : porter les capacités installées en énergies renouvelables à 15 gigawatts d’ici 2035.
Cette stratégie ouvre également la voie au développement de la filière de l’hydrogène vert, un potentiel que les analystes allemands commencent désormais à intégrer dans leurs perspectives concernant l’économie algérienne.
Une croissance soutenue par les recettes énergétiques
Les revenus tirés des hydrocarbures continuent d’alimenter la croissance économique du pays. Selon les prévisions du Fonds monétaire international, l’économie algérienne devrait progresser de 3,8 % en 2026. La Banque mondiale anticipe une croissance de 3,7 %, tandis que l’Economist Intelligence Unit affiche une projection encore plus optimiste, proche de 4,5 %.
Cette dynamique repose principalement sur deux moteurs : la consommation des ménages et les investissements publics, rendus possibles grâce aux recettes générées par les exportations de pétrole et de gaz.
Diversification économique et montée en puissance des investissements
Le rapport met également en avant les progrès réalisés dans la diversification de l’économie. Les investissements se multiplient dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, l’industrie agroalimentaire, le secteur pharmaceutique, l’automobile ainsi que les grandes infrastructures.
Les réformes introduites depuis 2022 dans le Code de l’investissement commencent progressivement à produire leurs effets. Dans le même temps, la Chine renforce sa présence en Algérie à travers plusieurs projets d’envergure dans l’agriculture, l’industrie automobile et le développement ferroviaire.
Cette intensification des investissements se traduit logiquement par une hausse des importations d’équipements industriels. Sur ce segment, la Chine demeure le premier fournisseur de l’Algérie, illustrant la modernisation en cours de l’appareil productif national et l’accélération des projets industriels à travers le pays.
