Conséquence logique de la guerre entre l’Iran et la coalition américano-israélienne, le pétrole et le gaz connaissent une hausse vertigineuse ces dernières 24h.
Ainsi, les prix du gaz naturel en Europe ont bondi lundi de près de 50% et le prix du pétrole vient de dépasser la barre symbolique des 83$. Le prix de référence du gaz européen, négocié sur le hub néerlandais TTF, a grimpé jusqu’à 49 %, pour atteindre environ 48 € le mégawattheure lundi en début d’après-midi. Cette flambée est principalement due à la fermeture par l’Iran du détroit stratégique d’Ormuz.
Nous allons «brûler tout navire » qui…
En effet et selon plusieurs observateurs et spécialistes, le détroit d’Ormuz représente 20% du trafic quotidien de pétrole, et 20 millions de barils sur les 100 millions consommés tous les jours passent par là. De ce fait, il est évident qu’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz entraîne automatiquement un problème de pénurie, et automatiquement une très forte hausse des prix du baril.
Pour l’Iran, cette fermeture, est une «arme à double tranchant», dans la mesure où cette décision handicape considérablement le reste du monde, mais de l’autre elle empêche aussi l’Iran d’exporter sa production pétrolière quotidienne. En parallèle, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep+), dont la Russie, ont décidé d’accroître considérablement leur production quotidienne afin d’éviter une explosion totale des prix du pétrole.
Par ailleurs, ce lundi soir, un général des gardiens de la révolution a menacé, de « brûler tout navire » tentant de franchir le détroit d’Ormuz. « Nous attaquerons également les oléoducs et nous ne laisserons pas une seule goutte de pétrole quitter la région », a affirmé le général Sardar Jabbari sur le compte Telegram des gardiens de la révolution, ajoutant que les prix du pétrole allaient « atteindre 200 dollars dans les jours qui viennent ».
Le marché pourra-t-il absorber le choc ?
Les analystes de Saxo Bank soulignent que les frappes israéliennes n’ont pas visé des installations énergétiques, mais si l’Iran décidait d’impliquer d’autres acteurs, l’escalade pourrait dégénérer en un conflit régional plus large.
Janiv Shah, analyste chez Rystad Energy, estime que le marché pourrait temporairement absorber le choc, mais une prolongation des tensions entraînerait des hausses plus importantes. « Les transactions chinoises sont les plus exposées, car la majorité des exportations iraniennes sont destinées à la Chine », précise-t-il.
Le monde observe avec inquiétude l’évolution rapide de l’une des crises géopolitiques les plus graves au Moyen-Orient de la dernière décennie. Toute escalade supplémentaire pourrait redessiner la carte des marchés pétroliers et plonger l’économie mondiale dans une nouvelle crise.
