À la prison de Noumérat, dans la wilaya de Ghardaïa, l’heure est aux examens.
Ce mardi 19 mai 2026, plus de cinquante détenus ont troqué leur quotidien pour les stylos et les feuilles de copie, avec l’espoir de décrocher le Brevet d’enseignement moyen (BEM) et de préparer leur réinsertion sociale.
Un coup d’envoi officiel pour la course au savoir
C’est dans le sillage des examens nationaux que la prison de Noumérat, située à la sortie sud de Ghardaïa, s’est transformée en centre d’examen. Au total, 52 détenus de sexe masculin, dont un mineur, se sont installés devant leurs pupitres pour affronter les épreuves du BEM 2026.
Le coup d’envoi officiel de cette session a été donné par Abdelkader Belâatra, procureur général près la cour de Ghardaïa, venu encourager les candidats dans leur quête de connaissances. Pour garantir le bon déroulement des épreuves, l’administration pénitentiaire n’a pas lésiné sur les moyens : deux salles d’examen entièrement climatisées et aménagées ont été mises à la disposition des candidats, encadrés par des enseignants mobilisés pour l’occasion.
L’institution pénitentiaire : un levier de réinsertion sociale
Ce passage du BEM en milieu carcéral n’est pas un fait isolé, mais le reflet d’une profonde mutation du système pénitentiaire en Algérie. Les centres de détention s’affirment de plus en plus comme des espaces de rachat et d’apprentissage. « Les établissements pénitentiaires en Algérie sont devenus de véritables chantiers, aussi bien dans l’enseignement et la formation professionnelle que dans d’autres domaines. Le but ultime est d’assurer la réinsertion des détenus libérés. »? souligne un magistrat de la cour de justice de Ghardaïa.
Des mesures concrètes pour l’emploi des anciens détenus
Pour soutenir cette dynamique de seconde chance, les autorités algériennes ont mis en place des réformes structurelles majeures :
• Suppression du casier judiciaire : Le document n’est plus exigé dans les dossiers de demande d’emploi pour les anciens détenus.
• Accès facilité aux crédits : Les repris de justice peuvent désormais postuler à des financements et dispositifs d’aide à l’emploi pour lancer leur propre activité.
Grâce à ces conditions optimales et à cette volonté politique, ces 52 candidats de Ghardaïa n’aspirent pas seulement à décrocher un diplôme, mais bien à franchir un palier décisif pour reconstruire leur avenir hors des murs de la prison.
