Le pôle pénal économique et financier de Sidi M’Hamed, à Alger, a rendu son verdict dans une affaire de corruption de grande ampleur qui a secoué le secteur des œuvres universitaires.
En effet, au terme d’un procès suivi de près, plusieurs cadres, employés et opérateurs privés ont été lourdement condamnés, marquant une étape importante dans la lutte contre le détournement de deniers publics en Algérie.
Un réseau démantelé après une vaste enquête
L’affaire, qui a impliqué plus de 40 accusés, met en lumière des pratiques frauduleuses ancrées au sein de plusieurs directions des services universitaires à travers le pays. Parmi les personnes poursuivies figuraient des directeurs de services, des employés administratifs, ainsi que des importateurs et des opérateurs économiques privés.
Les investigations, lancées en mai 2024 par la direction des investigations de l’Office central de répression de la corruption (OCRC), ont mis en exergue des irrégularités majeures dans la gestion des approvisionnements, notamment à Djelfa, Oran et Mostaganem.
Le verdict : Des peines de prison ferme
Le tribunal a fait preuve de fermeté face aux chefs d’accusation retenus. Les condamnations prononcées sont les suivantes :
- Peines principales : Les deux prévenus placés en détention, identifiés par les initiales M.R. et M.M., ont été condamnés à quatre ans de prison ferme chacun, assortis d’une amende d’un million de dinars algériens.
- Autres condamnations : Le prévenu Z.O. a écopé de trois ans de prison ferme et d’une amende de 500 000 dinars.
- Peines complémentaires : Plusieurs autres accusés ont été condamnés à une peine d’un an de prison ferme.
- Acquittements : Certains prévenus, dont la culpabilité n’a pas été établie selon le tribunal, ont bénéficié d’un acquittement.
Une gestion opaque des marchés publics
Les chefs d’inculpation reflètent la gravité des faits reprochés aux accusés : octroi d’avantages injustifiés, violation des dispositions législatives sur les marchés publics, abus de fonction et détournement de deniers publics.
Les enquêteurs ont révélé une manipulation systématique des cahiers des charges. L’objectif était de favoriser certains opérateurs économiques au détriment de la concurrence loyale. Ces irrégularités portaient spécifiquement sur les contrats d’approvisionnement essentiels des structures universitaires :
- Viandes et produits carnés.
- Lait et dérivés.
- Fruits, légumes et autres produits alimentaires destinés aux restaurants et résidences universitaires.
Ce verdict souligne la détermination des autorités judiciaires à assainir la gestion des institutions publiques et à protéger les fonds allou7és au secteur de l’enseignement supérieur contre les réseaux de corruption organisés.
