Le président Abdelmadjid Tebboune a récemment annoncé une avancée majeure dans la normalisation financière de l’Algérie.
Ainsi et selon les propos du chef de l’État, le pays n’est plus dans le « viseur » du Groupe d’action financière (GAFI) et que la sortie de l’Algérie de la « zone grise » laquelle recense les pays qui sont affectés par le blanchiment d’argent, est imminente.
Un pas de géant vers la transparence financière
En effet, lors de son dernier entretien périodique avec la presse nationale, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est montré particulièrement optimiste quant à la situation de l’Algérie vis-à-vis du GAFI. Selon le chef de l’État, le pays est désormais sur « la bonne voie » pour réintégrer le rang des nations exemplaires en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. « Il y a seulement une semaine et demie, nous étions encore dans la zone grise. C’est presque fini. Ils [les experts du GAFI] ont commencé à être satisfaits », a-t-il déclaré. Cette reconnaissance internationale est cruciale : elle devrait fluidifier les relations de l’Algérie avec les institutions financières mondiales et renforcer la crédibilité de l’économie nationale.
La fin de l’opacité : Immobilier et bancarisation obligatoire
Pour assainir l’économie, le président Tebboune mise sur deux leviers majeurs : la bancarisation et la préemption. Dans ce sillage, le chef de l’État a insisté sur l’importance de faire circuler l’argent via les banques pour éradiquer les réseaux de faux billets. Il a notamment révélé la découverte de stocks massifs de monnaie contrefaite, souvent introduite lors de périodes de forte consommation comme l’Aïd.
L’ère des sous-déclarations lors des transactions immobilières touche à sa fin. Pour mettre un terme aux ventes sous-évaluées qui privent le Trésor public de recettes fiscales, l’État n’hésitera plus à intervenir. Le principe est limpide : Si un bien est déclaré à un prix anormalement bas, l’État pourra racheter le bien au prix déclaré (majoré de 5 %) pour le récupérer.
Le plan d’action 2024-2026 : Cinq axes pour la conformité
Par ailleurs et en réponse aux exigences du GAFI, le ministère de l’Intérieur a formalisé une feuille de route s’étendant jusqu’au premier trimestre 2026. Ce plan cible particulièrement le secteur associatif et les organisations à but non lucratif, afin de prévenir tout usage abusif de fonds.
Voici les « 5 piliers » de cette réforme :
• Renforcement des capacités des associations (jusqu’à décembre 2025)
• Développement des capacités institutionnelles (jusqu’à mars 2026)
• Amélioration des mécanismes de supervision (jusqu’à décembre 2025)
• Révision du cadre juridique (d’ici 2026)
• Renforcement de la coopération internationale
Une volonté politique ferme
Cette accélération fait suite aux instructions directes du Président lors du Conseil des ministres du mois d’octobre 2025, où Abdelmadjid Tebboune y avait ordonné la « mise en œuvre immédiate » des recommandations du GAFI. En alignant son dispositif national sur les standards internationaux, l’Algérie ambitionne non seulement de quitter définitivement la « liste grise », mais aussi de bâtir une économie moderne où la « comptabilité nationale est claire », transparente et résiliente face aux flux financiers illicites.
