Lors de sa rencontre avec la presse nationale, diffusée ce samedi soir sur les antennes de la télévision algérienne, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, est revenu avec fermeté sur la polémique entourant l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal.
Ainsi, entre respect de la Constitution, défense de l’identité nationale et dénonciation d’une « cinquième colonne », le chef de l’État trace une ligne rouge infranchissable.
La loi au-dessus de l’intellect : le rappel à l’ordre du Président
En effet, interrogé par les journalistes sur les critiques et accusations de « restrictions visant les intellectuels » en Algérie, le président Tebboune a été catégorique : « la liberté d’opinion ne peut servir de bouclier pour transgresser la loi ». Soulignant que les cas de poursuites soient jugés « rares », le message est clair : nul n’est au-dessus de la Constitution algérienne.
Pour le chef de l’État, l’indépendance de la justice est le seul curseur. « Quiconque porte atteinte aux composantes de la nation ou à une région du pays doit en assumer les conséquences juridiques », dira le chef de l’État, précisant au passage que personne ne se retrancher derrière un statut d’intellectuel ou de persécuté.
L’affaire Sansal et la menace de la « Cinquième Colonne »
Sans nommer explicitement l’écrivain dans chaque phrase, l’allusion à l’affaire Boualem Sansal, était omniprésente dans le discours présidentiel. Tebboune a pointé du doigt ceux qui agissent en pensant être protégés par des puissances étrangères ou des réseaux d’influence.« Les faits ont montré que ceux qui ont poussé certaines personnes à adopter des positions erronées n’ont pas été en mesure de les protéger, même lorsqu’il s’agissait de pays disposant de moyens financiers importants », a-t-il affirmé.
Le chef de l’État a ainsi distingué deux profils : Le citoyen convaincu, à savoir celui qui exprime des idées par foi personnelle, même si elles nécessitent parfois un rappel à l’ordre. Et l’exécutant : celui dont les idées sont « dictées » par des agendas extérieurs visant à fragiliser la cohésion nationale.
Identité nationale : Les trois piliers non négociables
Le président de la République a réitéré que l’identité de l’Algérie repose sur un socle immuable : l’Islam, l’Amazighité et l’Arabité. Toute tentative de manipulation de ces fondements historiques est perçue non pas comme un débat intellectuel, mais comme une entreprise de fragmentation de la société. « L’Algérie ne reviendra pas à l’instabilité », a martelé Abdelmadjid Tebboune. Rappelant les traumatismes de la « décennie noire », il considère la protection de l’unité nationale comme un « devoir institutionnel prioritaire pour éviter que le pays ne replonge dans une spirale de violence.
Double standard : l’Algérie face aux critiques occidentales
L’un des points forts de l’intervention présidentielle, a été la dénonciation de l’ « hypocrisie » de certains systèmes étrangers. Le président a souligné le « double standard » de pays qui accusent l’Algérie d’atteinte aux libertés tout en poursuivant leurs propres citoyens pour avoir simplement brandi un drapeau palestinien. En évoquant l’évolution du ton de certaines capitales étrangères après les premières réactions à l’affaire Sansal, le chef de l’État y voit une validation de la position algérienne : la souveraineté juridique et la défense des constantes nationales ne sont pas négociables, n’en déplaise aux pressions extérieures.
