L’Algérie franchit une étape décisive dans sa stratégie de santé publique et plus précisément dans la lutte contre le cancer.
Ainsi et lors d’un Conseil des ministres dédié à plusieurs dossiers, le président de la République, M.Abdelmadjid Tebboune, vient de prendre une décision inédite, voire historique dans le domaine de la lutte contre le cancer.
69 CAC en perspective
En effet, le communiqué de la Présidence de la République, indique que le président Tebboune, a ordonné la réalisation d’une étude en vue de construire un centre anti-cancer (CAC) dans chaque wilaya du pays.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre des efforts de l’État visant à développer les infrastructures sanitaires et à améliorer la prise en charge des patients, notamment ceux atteints de cancer, à travers la mise en place d’établissements de soins spécialisés dans toutes les wilayas.
De plus, cette décision a pour objectif de rapprocher les services de traitement spécialisé des citoyens dans l’ensemble des régions du pays, de réduire les contraintes liées aux déplacements vers les grands centres, et de contribuer ainsi à améliorer la qualité des soins tout en allégeant la pression sur les hôpitaux centraux.
Une dotation budgétaire historique pour 2026
Par ailleurs, il y’a lieu de souligner l’engagement de l’État s’est traduit par un effort financier sans précédent. Le Fonds National de lutte contre le cancer dispose désormais de plus de 93 milliards de dinars pour l’exercice 2026. Cette enveloppe permet non seulement d’assurer la disponibilité des médicaments innovants, mais aussi de financer l’acquisition de technologies de pointe.
Le maillage territorial s’est considérablement densifié. L’événement phare de ce premier semestre est l’ouverture très attendue du nouveau CAC de Tiaret, prévue pour le 5 juillet 2026. Ce centre, à l’instar des structures de Djelfa ou de Chlef inaugurées précédemment, vise à désengorger les grands pôles urbains comme Alger ou Oran.
La stratégie de proximité : Radiothérapie et Chimiothérapie partout
En outre et conformément aux directives du ministère de la Santé, l’objectif de doter chaque wilaya de services de chimiothérapie et de radiothérapie d’ici fin 2026 est en passe d’être atteint.
• Acquisition massive : 29 nouveaux accélérateurs de radiothérapie ont été déployés à travers le pays.
• Décentralisation : Des hôpitaux de nouvelle génération (240 lits) à Boumerdès, Mostaganem, Ghardaïa et M’sila intègrent désormais des unités oncologiques complètes.
La révolution numérique : Fin des pénuries et dossiers partagés
Le slogan national de l’année 2026, « La numérisation, moteur d’une santé renforcée », trouve son application concrète en oncologie.
• Dossier Patient Numérique (DPN) : Le suivi des malades est désormais harmonisé. Un patient diagnostiqué à Adrar peut voir son dossier consulté instantanément par un expert à Alger pour une RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire) à distance.
• Gestion des médicaments : Un système numérique de suivi en temps réel a été instauré pour prévenir les ruptures de stocks de chimiothérapie, un point noir historique désormais sous contrôle.
Protocoles et guides thérapeutiques 2026
En avril 2026, le ministère a officiellement validé 31 nouveaux protocoles thérapeutiques. Ces guides oncologiques actualisés garantissent que chaque patient, qu’il soit traité dans un grand CAC ou dans une unité de proximité, bénéficie des mêmes standards de soins et d’un accès aux molécules les plus récentes, notamment les immunothérapies.
Prévention et Dépistage : Le rôle des collectivités locales
La lutte ne se joue plus seulement dans les blocs opératoires. Une nouvelle stratégie impliquant les walis et les autorités locales met l’accent sur :
• Le dépistage précoce : Renforcement des campagnes mobiles pour le cancer du sein et du col de l’utérus.
• La lutte anti-tabac : Application stricte de la législation dans les lieux publics.
• L’accompagnement social : Un rôle accru pour les assistantes sociales au sein des CAC pour soutenir les familles.
