Le partenariat économique entre Algérie et Biélorussie s’inscrit dans une nouvelle dynamique, marquée par la fixation d’un objectif chiffré à moyen terme.
Ainsi, les deux pays visent désormais un volume d’échanges commerciaux de 500 millions de dollars d’ici la fin de l’année 2027, une ambition affichée par le président biélorusse Alexandre Loukachenko.
Un objectif ambitieux à l’horizon 2027
En effet, cette annonce a été faite à Minsk, à l’occasion d’une cérémonie officielle de remise des lettres de créance, en présence notamment de l’ambassadeur d’Algérie Toufik Jouamaa. Qualifiant cet objectif d’« ambitieux mais atteignable », le chef de l’État biélorusse a souligné la volonté commune de structurer davantage les relations économiques bilatérales, en les orientant vers des projets concrets et durables, selon des informations relayées par l’agence officielle BelTA.
Vers une coopération industrielle renforcée
Au-delà de la simple intensification des échanges commerciaux, Alger et Minsk entendent franchir une étape supplémentaire en misant sur le développement de projets industriels conjoints. Dans cette optique, des discussions sont déjà en cours pour la mise en place d’unités de production en Algérie. Ces initiatives portent notamment sur la fabrication de machines d’origine biélorusse, la production d’aliments pour nourrissons, ainsi que celle d’engrais minéraux et d’autres produits industriels.
Cette orientation traduit une volonté claire de dépasser le cadre du commerce classique pour s’inscrire dans une logique de co-production et d’implantation industrielle locale. Un choix stratégique qui pourrait avoir des retombées significatives sur plusieurs secteurs clés, notamment l’industrie, l’agroalimentaire et les intrants agricoles.
Dans la continuité des engagements de 2025
Ce nouvel élan s’inscrit dans le prolongement des échanges engagés lors de la visite officielle de Alexandre Loukachenko en Algérie en décembre 2025. À cette occasion, un accord avait été trouvé avec le président Abdelmadjid Tebboune pour hisser le niveau des relations économiques entre les deux pays. L’annonce faite à Minsk apparaît ainsi comme la concrétisation d’un processus amorcé plusieurs mois auparavant, avec un cap désormais clairement défini.
Par ailleurs, le dirigeant biélorusse a mis en avant l’intérêt croissant de son pays pour le continent africain, qu’il considère comme un « continent d’avenir ». Dans cette perspective, l’Algérie est perçue comme un partenaire stratégique de premier plan, mais également comme une plateforme d’accès vers d’autres marchés africains.
Un défi à concrétiser sur le terrain
Reste que la concrétisation de cet objectif de 500 millions de dollars constituera un véritable indicateur de la solidité de ce partenariat. Elle dépendra notamment de la capacité des deux pays à transformer les projets annoncés en investissements effectifs et en unités de production opérationnelles. À titre de comparaison, les échanges bilatéraux n’avaient atteint que 34,54 millions de dollars durant les neuf premiers mois de l’année 2025, illustrant l’ampleur du chemin à parcourir.
Une échéance stratégique en préparation
En parallèle, les préparatifs de la deuxième réunion de la commission mixte algéro-biélorusse sur le commerce et la coopération économique s’intensifient. Cette échéance a d’ailleurs été au cœur des discussions tenues le 8 avril 2026 entre le premier vice-ministre biélorusse des Affaires étrangères Sergueï Loukachevitch et l’ambassadeur d’Algérie en Biélorussie Toufik Jouamaa.
Dans ce contexte, les deux prochaines années s’annoncent déterminantes pour évaluer la portée réelle de ce rapprochement économique, appelé à évoluer vers un partenariat plus structuré, fondé sur l’investissement, la production locale et une coopération renforcée à l’échelle régionale.
