Comme il fallait s’y attendre, l’annonce du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, au sujet de la revalorisation des pensions de retraite en Algérie, n’a pas manqué de susciter la polémique et les interrogations.
Ainsi, fidèle à ses positions et à ses habitudes, l’Organisation nationale des retraités affiliés à la Caisse nationale des retraites (ONR-CNR) vient de réagir au sujet du versement des « augmentations exceptionnelles » décidées par le Président de la République en décembre 2025, à des taux variant entre 5 et 10 %, dont le versement est prévu pour le mois de mai 2026.
Entre ambiguïté et confusion
En effet, cette organisation, présidée par Mme Hribi Fatma-Zohra, déplore l’« ambiguïté » entourant le sort de la revalorisation annuelle des pensions pour les années 2025 et 2026. Selon elle, alors que la revalorisation annuelle est censée constituer un « droit périodique » acquis en vertu de l’article 43 de la loi 83/12, destiné à préserver le pouvoir d’achat, « nous constatons que l’annonce du versement des augmentations exceptionnelles en mai 2026 est intervenue sans distinguer clairement entre cette mesure circonstancielle et le droit légal annuel à la revalorisation », souligne l’ONR-CNR dans un communiqué dont Just-InfoDZ détient une copie.
Selon les auteurs dudit document, cette situation crée une « confusion » au sein de la base militante des retraités, d’où émerge une question essentielle : « Ces augmentations exceptionnelles programmées pour mai 2026 seront-elles considérées comme un substitut à la revalorisation annuelle du prochain cycle, ou constituent-elles une mesure complémentaire ? », s’interrogent-ils.
La tutelle appelée à s’expliquer
L’organisation s’interroge également sur la portée de l’engagement présidentiel, dans la mesure où cette revalorisation est un droit consacré par la Constitution : « L’augmentation qu’envisage le Président de la République pour les retraités en 2026 est-elle devenue le substitut d’un droit acquis, autrefois désigné sous le terme de revalorisation annuelle ? », relève le communiqué.
Dans la foulée, l’organisation affirme que toute tentative d’intégrer la revalorisation annuelle dans les augmentations exceptionnelles déjà prévues constituerait une « atteinte » à l’esprit de la loi et un « dépassement » d’un droit fondamental censé être versé de manière régulière et périodique.
En conséquence, l’ONR-CNR exhorte les autorités de tutelle à « lever l’ambiguïté » sur le sort de la revalorisation 2025, toujours en suspens, et à clarifier les modalités d’application de la revalorisation 2026, indépendamment des augmentations exceptionnelles évoquées, afin de garantir la transparence et de préserver la dignité des retraités, qui attendent des droits clairs, ne prêtant ni à interprétation ni à ambiguïté.
