L’Algérie s’apprête à franchir un cap décisif dans sa réforme éducative : l’anglais s’impose désormais comme l’unique langue étrangère dès la 3e année primaire, entraînant de fait l’éviction du français à ce niveau de scolarité.
Cette transition radicale, loin d’être un simple choix politique, s’appuie sur des arguments scientifiques et pédagogiques de premier plan.
Une réforme historique pour le système éducatif algérien
Selon les révélations du quotidien Echorouk, qui cite des sources proches du dossier, cette décision découle directement des recommandations de la Conférence nationale sur la réforme du système éducatif.
Plusieurs études axées sur le développement cognitif et psychologique des jeunes élèves ont tiré la sonnette d’alarme : imposer deux langues étrangères simultanément à des enfants de huit ans nuit gravement à leur apprentissage. L’objectif de l’Algérie est donc clair : prioriser l’anglais, langue scientifique internationale, et écarter définitivement le français des premières années du primaire.
Pourquoi le cumul du français et de l’anglais est un échec pédagogique
Les rapports d’experts sont unanimes : à l’âge de huit ans, l’élève est encore en train de consolider ses bases en langue arabe (lecture, écriture, grammaire). Lui imposer en parallèle deux alphabets et systèmes linguistiques proches mais différents crée une surcharge cognitive.
Les spécialistes mettent en avant deux freins majeurs :
- L’interférence linguistique : La ressemblance graphique des alphabets français et anglais, combinée à des prononciations divergentes, sème la confusion dans l’esprit des élèves.
- La baisse des résultats scolaires : Cette surcharge cognitive affecte l’assimilation des matières fondamentales comme les mathématiques ou les sciences.
Le constat des experts : Apprendre simultanément le français et l’anglais en 3e année primaire crée un conflit d’apprentissage qui pénalise la réussite globale de l’enfant.
La science plutôt que l’idéologie : le ministère de l’Éducation s’explique
Interpellé par les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui, a défendu cette orientation avec des arguments rigoureux.
Pour le ministre, le secteur s’est appuyé sur des données scientifiques solides démontrant qu’il est indispensable de respecter le rythme biologique et intellectuel de l’enfant.
L’introduction progressive des langues est la seule clé pour garantir un apprentissage de qualité. En choisissant de sacrifier le français au profit de l’anglais en 3e année, l’Algérie mise sur l’efficacité et la modernité.
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