Face à la hausse précoce des températures et à une végétation particulièrement dense cette saison, le ministre de l’Agriculture, M. Yacine El Mahdi Oualid, a réuni en urgence les cadres des forêts.
Entre vigilance maximale sur le terrain et transition technologique, l’Algérie déploie l’artillerie lourde pour protéger son patrimoine forestier.
Une saison estivale sous haute tension pour les forêts algériennes
La lutte contre les incendies en Algérie franchit un nouveau palier. Ce mercredi 15 juillet 2026, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, M. Yacine El Mahdi Oualid, a présidé une réunion de travail cruciale par visioconférence. L’objectif : faire un point de situation rigoureux sur les départs de feu qui menacent plusieurs wilayas du pays et coordonner la riposte.
Alors que l’Algérie, à l’instar du reste du monde, subit de plein fouet les effets du changement climatique, les professionnels du secteur forestier font face à des conditions extrêmes sur le terrain. Le ministre a tenu à saluer le courage et les efforts exceptionnels des agents des forêts, qui interviennent en étroite collaboration avec la Protection civile et l’Armée nationale populaire (ANP).
Pourquoi les risques d’incendies sont-ils plus élevés cette année ?
L’évaluation présentée par les conservateurs des forêts met en lumière un paradoxe climatique marquant pour la campagne 2025-2026 :
- Un couvert végétal exceptionnellement dense : Les fortes précipitations enregistrées durant l’hiver et le printemps ont favorisé une pousse importante de la végétation.
- Une canicule précoce : La hausse soudaine et précoce des températures a rapidement asséché cette biomasse, la transformant en un véritable combustible.
- La piste humaine et agricole : Les premiers rapports indiquent que la majorité des sinistres déclarés depuis le mois de mai proviennent de feux de cultures de céréales mal maîtrisés, mais aussi de comportements humains irresponsables.
Des mesures de prévention drastiques dans le secteur agricole
Pour couper court à la propagation des flammes, le ministre a ordonné de relever le niveau d’alerte au maximum. Parmi les consignes strictes données aux services agricoles : la généralisation des bandes coupe-feu autour des exploitations et des champs de céréales afin de sanctuariser les récoltes et d’éviter que le feu ne gagne les massifs forestiers.
La technologie au service de la prévention : Une plateforme numérique nationale en vue
L’Algérie mise également sur la transition digitale pour anticiper le danger. En marge de la réunion, M. Yacine El Mahdi Oualid a inspecté la cellule des opérations de la Direction générale des forêts (DGF) pour s’enquérir de l’état d’avancement de la future plateforme nationale de suivi des feux de forêt.
Actuellement dans sa phase finale de développement, cet outil de haute technologie promet de révolutionner la gestion des crises grâce à :
- L’intégration des Systèmes d’Information Géographique (SIG) et de la télédétection par satellite.
- Une cartographie en temps réel des infrastructures de défense des forêts.
- Une base de données interconnectée pour optimiser le déploiement des ressources humaines et matérielles sur les foyers actifs.
Une mobilisation citoyenne indispensable
Si l’État déploie des moyens technologiques et matériels importants, les conservateurs des forêts ont rappelé que la bataille contre les incendies ne pourra se gagner sans une prise de conscience collective.
La société civile, les associations environnementales et les citoyens sont appelés à une vigilance de chaque instant pour signaler tout départ de feu suspect et adopter des gestes écoresponsables. La forêt algérienne est un bien précieux ; sa préservation est l’affaire de tous.
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