Après plusieurs années de tergiversations et autres vœux pieux, l’Algérie compte finalement se lancer dans thérapie cellulaire.
Ainsi, un Centre national de thérapie cellulaire devrait ouvrir ses portes en juillet 2027, promettant des taux de guérison inédits contre certains cancers et maladies dégénératives. C’est du moins ce qu’a annoncé hier mardi 22 juin 2026, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, devant le Conseil de la nation.
Qu’est-ce que la thérapie cellulaire et pourquoi elle change tout pour les patients
Concrètement, la thérapie cellulaire n’est pas une technique médicale ordinaire, dans la mesure où elle consiste à soigner les maladies en utilisant des cellules vivantes — reprogrammées, modifiées ou cultivées en laboratoire — pour réparer, remplacer ou stimuler des tissus défaillants dans le corps du patient.
Là où les traitements classiques cherchent à atténuer les symptômes, la thérapie cellulaire vise à s’attaquer à la cause profonde de la maladie. Pour les patients algériens atteints de cancers résistants aux traitements conventionnels, cette technologie représente une espérance concrète. Selon le ministre Kouidri, certains cancers réfractaires peuvent être traités avec des taux de guérison atteignant jusqu’à 98 % grâce à ces nouvelles approches thérapeutiques. Des résultats qu’aucune chimiothérapie traditionnelle ne peut aujourd’hui égaler.
Un centre national opérationnel en juillet 2027
Le futur Institut national de thérapie cellulaire est présenté comme l’un des projets structurants du secteur pharmaceutique algérien. Le ministre a fixé la date d’ouverture à juillet 2027, à l’issue d’un partenariat stratégique noué avec des institutions de rang mondial.
L’Algérie s’est associée à trois pôles d’excellence internationaux :
L’Institut Karolinska de Suède, l’une des institutions médicales les plus réputées au monde, qui remet chaque année le prix Nobel de médecine ;
Des partenaires américains spécialisés dans l’ingénierie cellulaire et génique ;
Des partenaires chinois positionnés sur les biotechnologies de pointe.
Ce cadre de coopération garantit non seulement le transfert de technologies, mais aussi la formation des praticiens algériens appelés à opérer dans ce centre.
Parkinson, cancers, maladies de peau : quels patients seront concernés ?
La thérapie cellulaire ouvre des perspectives thérapeutiques dans plusieurs pathologies jusqu’ici difficiles à traiter notamment les cancers réfractaires — ceux qui résistent aux chimiothérapies et aux immunothérapies classiques — représentent la cible principale.
Les thérapies CAR-T, par exemple, consistent à prélever les cellules immunitaires du patient, à les modifier génétiquement en laboratoire pour les rendre capables de reconnaître et détruire les cellules cancéreuses, puis à les réinjecter.
La maladie de Parkinson et d’autres pathologies neurodégénératives, pour lesquelles la médecine conventionnelle ne propose que des traitements symptomatiques, sans guérison possible.
Certaines affections dermatologiques chroniques et sévères, rebelles aux traitements actuels. Pour ces malades, l’ouverture d’un tel centre sur le sol algérien signifie avant tout éviter des soins à l’étranger — coûteux, éprouvants et souvent inaccessibles.
« Dans dix ans, 60 % de la médecine classique aura disparu »
C’est la projection du ministre Kouidri, exprimée sans détour devant les sénateurs. Une affirmation qui reflète une réalité mondiale : les thérapies cellulaires et géniques connaissent depuis cinq ans une accélération sans précédent dans les pays disposant d’un secteur biomédical avancé.
En inscrivant l’Algérie dans cette dynamique dès maintenant, le gouvernement fait le pari que le pays sera en mesure de soigner sa population avec les outils médicaux de demain, sans dépendre de l’importation de traitements coûteux ou de l’expatriation médicale.
Un secteur pharmaceutique en forte progression
L’annonce du centre de thérapie cellulaire s’inscrit dans un tableau d’ensemble positif pour l’industrie pharmaceutique nationale.
Depuis la création du ministère dédié en 2020 : 250 unités de production pharmaceutiques sont désormais opérationnelles en Algérie ; 82 % des besoins nationaux en médicaments sont couverts par la production locale ; plus de 5 400 médicaments sont fabriqués sur le territoire national ; et enfin, près de 100 nouveaux projets d’investissement sont en cours d’étude, dont 72 dans la fabrication de médicaments et 30 dans les dispositifs médicaux.
Par ailleurs, l’Algérie prévoit de couvrir 50 % de ses besoins en matières premières pharmaceutiques à l’horizon 2027, grâce à des projets de production locale d’ingrédients actifs pour antibiotiques, anticancéreux, biosimilaires et médicaments du diabète. Ces investissements devraient permettre d’économiser 2,7 milliards de dollars sur la facture d’importation.
L’Algérie, futur hub pharmaceutique africain
Avec 33 % des unités de production pharmaceutiques du continent africain, l’Algérie ambitionne de dépasser le simple objectif d’autosuffisance. Le gouvernement œuvre à la création d’un hub logistique régional affilié à l’OMS, destiné à faire du pays une plateforme reliant les marchés africains et européens.
Autre étape clé : l’obtention du niveau de maturité 3 de l’OMS pour le système national de régulation pharmaceutique, ce qui faciliterait l’exportation des médicaments algériens vers l’Afrique et d’autres marchés internationaux. Le marché pharmaceutique africain, estimé à 29 milliards de dollars aujourd’hui, devrait atteindre 44 milliards de dollars à l’horizon 2032.
