Malgré une enveloppe colossale de 136 milliards de dinars mobilisée sur quatre ans pour l’entretien et l’aménagement du réseau routier national, l’état des routes en Algérie reste une préoccupation majeure pour des millions de citoyens.
Ainsi, le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a levé le voile sur l’ampleur des dépenses lors d’une réponse à une question parlementaire.
5 844 opérations inscrites
En effet, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a révélé que 136 milliards de dinars ont été alloués au financement des opérations d’aménagement et d’entretien des routes à travers les wilayas du pays au cours des quatre dernières années.
Cette enveloppe a permis l’inscription de 5 844 opérations de développement dédiées à l’amélioration du réseau routier national. Des chiffres significatifs qui contrastent pourtant avec le quotidien de nombreux conducteurs, confrontés à des chaussées dégradées, des nids-de-poule persistants et des pistes impraticables, notamment en zones rurales.
Le FSGCL en principal levier de financement
Ces opérations s’inscrivent dans le cadre du Fonds de solidarité et de garantie des collectivités locales (FSGCL), mécanisme central dans le financement des infrastructures de proximité. Selon le ministre, ce fonds a mobilisé une enveloppe globale dépassant 581 milliards de dinars sur la même période, répartie entre l’ensemble des wilayas. Au total, ce sont plus de 27 000 opérations de développement qui ont été réalisées, couvrant plusieurs secteurs d’infrastructure publique locale : routes et pistes, trottoirs des quartiers résidentiels, tissu urbain, éclairage public, espaces verts et places publiques.
Des financements décidés au niveau local
Le ministre a tenu à préciser que la proposition et l’inscription de ces opérations relèvent du niveau local, en accord avec les priorités de développement et les besoins exprimés par chaque commune. Les spécificités géographiques et les exigences propres à chaque région sont prises en compte dans la répartition des budgets. Ce dispositif vise à garantir une allocation plus équitable des ressources, tout en responsabilisant les collectivités locales dans l’identification des chantiers prioritaires.
Un réseau routier sous pression malgré les investissements
Si les montants engagés témoignent d’une volonté affichée d’améliorer l’infrastructure routière, la question de l’efficacité réelle de ces dépenses reste posée. Les signalements de routes dégradées, de travaux inachevés ou d’interventions insuffisantes continuent d’alimenter les réclamations des citoyens et des élus locaux à travers le pays. L’enjeu pour les années à venir sera de garantir non seulement le volume des investissements, mais surtout leur impact mesurable sur la qualité du réseau routier national.
